La «monstruosité de l'homme» face à la «miséricorde de Dieu».

Rome : Le pape préside le Chemin de croix au Colisée

Rome, 19 avril 2014 (Apic) Le pape François a présidé, dans la soirée du Vendredi saint 18 avril 2014, le traditionnel Chemin de croix au cœur de Rome, évoquant à la fois «la monstruosité de l’homme» et «l’immensité de la miséricorde de Dieu». Face au Colisée, en présence de dizaines de milliers de fidèles, le pape a prié pour les victimes des fléaux du monde moderne, au rythme des méditations écrites par Mgr Giancarlo Maria Bregantini, évêque italien connu pour ses prises de position énergiques contre la mafia et la corruption.

Pendant près d’une heure et demie, le pape de 77 ans a ainsi suivi de la colline du Palatin les 14 stations du Chemin de croix parti de l’intérieur du Colisée. L’air grave et couvert d’un long manteau blanc, le pape a écouté les méditations particulièrement fortes écrites à sa demande par Mgr Bregantini, archevêque de Campobasso-Boiano.

Dans ce texte, le prélat italien déplorait les graves conséquences sociales de la crise économique, comme le chômage, la précarité, le suicide des entrepreneurs ou encore la corruption. L’évêque de Campobasso mentionnait également le drame des réfugiés, la violence faite aux femmes, ou encore la souffrance des mères ayant perdu un enfant à cause de la guerre, de la drogue, de l’alcool ou de tumeurs causées par les incendies des déchets toxiques, comme dans le Sud de l’Italie. La surpopulation carcérale, le sort des détenus ou encore les lenteurs de la justice figuraient également dans ces méditations très sociales.

Le mal n’aura pas le dernier mot

«Dans la croix, a ensuite affirmé le pape, nous voyons la monstruosité de l’homme lorsqu’il se laisse guider par le mal, mais nous voyons aussi l’immensité de la miséricorde de Dieu qui ne nous traite pas selon nos péchés». «Le mal n’aura pas le dernier mot», a encore assuré le pontife, la voix faible. Avant de donner sa bénédiction aux fidèles présents, le pape les a invités à prier pour les malades et pour toutes les personnes abandonnées sous le poids de la croix, afin qu’elles trouvent la force de l’espérance de la résurrection et de l’amour de Dieu.

Au cours de la Via Crucis, la croix avait été portée par des personnes du monde ouvrier et de l’entreprise, des sans-abri, une famille, des religieux, ou encore des personnes du monde carcéral et des malades.

Après les cérémonies du Vendredi saint, le pape François présidera la messe de la nuit de Pâques dans la basilique Saint-Pierre, le 19 avril à 20h30. Le lendemain matin, il célèbrera la messe solennelle de Pâques à 10h15 sur la place Saint-Pierre avant de prononcer à 12h son message pascal et de donner sa bénédiction Urbi et Orbi (à la ville, Rome, et au monde) depuis la loggia centrale de la basilique vaticane.

50 ans de tradition

C’est au milieu du 18e siècle que commença la tradition pour les fidèles de faire un Chemin de croix au Colisée, et ce jusqu’en 1870. Après l’unité italienne et la suppression des Etats pontificaux, la tradition se perdit. C’est en 1964, il y a exactement 50 ans, que Paul VI a repris cette tradition.

Pendant de nombreuses années, des textes des saints et des Pères de l’Eglise furent utilisés pour les méditations accompagnant la Via Crucis. En 1984, pour l’année sainte de la Rédemption, c’est Jean-Paul II qui écrivit les textes du chemin de croix avant d’en confier l’écriture à des figures contemporaines, parmi lesquelles le journaliste français André Frossard en 1986, ou encore le théologien suisse Hans Urs von Balthasar deux ans plus tard. (apic7imedia/ami/mp)

19 avril 2014 | 08:29
par webmaster@kath.ch
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