Saint-Maurice : 300 personnes à la procession aux flambeaux de la Rencontre pour la paix

La musique au chœur de la manifestation

Saint-Maurice, 30 octobre 2011 (Apic) Près de 300 personnes ont participé à une procession aux flambeaux intereligieuse à travers les rues de Saint-Maurice, moment fort de la Rencontre pour la Paix qui s’est tenue samedi et dimanche 29 et 30 octobre 2011. Sous le thème du Concert des Religions, la manifestation a commémoré les 25 ans de la Rencontre d’Assise. Le Foyer Franciscain et l’Abbaye de Saint-Maurice se sont unis pour inviter les autres confessions chrétiennes et religions.

La musique, permettant à la fois la multiplicité des voix et l’harmonie, était à l’honneur. En plus du concert final, les participants ont pu découvrir, grâce à des conférences et ateliers, la place de la musique dans les différentes religions. Elle est présente dès les débuts du christianisme et évolue avec lui. A certaines époques, servante de la parole, la musique se contente d’un rôle plutôt modeste d’ornementation, ce qui n’empêche pas la virtuosité des XIVe et XVe siècles. A d’autres périodes on lui prête de rejoindre l’homme et de l’ouvrir au Tout-Autre, plus encore que ne le ferait la parole de Dieu elle-même. Son histoire balance d’un pôle à l’autre, au gré des confessions.

«Il fait bon prier ensemble pour la paix dans le monde»

La célébration œcuménique du samedi après-midi a beaucoup attendu de la musique et de l’art en général. Une lecture de l’Ancien Testament, en trois temps, racontait l’histoire du livre de Josué où les tribus se séparent des fils d’Israël et construisent un autel rival. Les tensions croissent au risque d’une guerre, avant que tous se réconcilient dans une même fidélité envers le Seigneur. La danse de Lucia Cannata Leemann, la musique d’un petit orchestre emmené par Jean-Pierre Cap et les décors mobiles manœuvrés par quelques jeunes paroissiens de Monthey ont sobrement ornementé la lecture. Une réussite. Au sortir de la célébration, on se réjouissait avec Monseigneur Roduit «de prier ensemble pour la paix dans le monde». Quelques uns notaient avec regrets l’absence d’évangile: Entre chrétiens, ne pouvons-nous pas partager la Bonne Nouvelle; n’est-ce pas là ce qui nous réunit, bien avant la musique et la danse?

Une grande famille humaine illumine l’obscurité

A la nuit tombée, la procession aux flambeaux a parcouru les ruelles de Saint-Maurice au chant du psaume «Allez vers le Seigneur parmi les chants d’allégresse». Elle a marqué une première halte devant la fontaine dédiée à Saint François. Un clin d’œil pas dénué d’humour, lorsque frère Pierre, capucin, a loué «frère vent»: «grâce à Dieu nous ne t’avons pas ce soir!» Puis la marche a repris son cours avec la mélopée des moines bouddhistes tibétains; à leur suite, des sœurs africaines fredonnaient; au loin, l’on apercevait le chemin de croix éclairé de la Chapelle du Scex, lézardant de lumière l’obscure falaise agaunoise. La foule s’est arrêtée en cercle dans le jardin du collège de la Tuilerie pour faire entendre le murmure de la source et, en écoutant un chant hindou, trinquer à l’eau vive rafraichissante qui régénère le corps et unit les hommes. Les jeunes enfants ont ensuite proposé une scène méditative sur la vie qui se donne. Joëlle et Lamine, elle Suissesse catholique, lui Sénégalais musulman, ont offert un émouvant témoignage de leur amitié dans la foi. Sur la place du parvis, le vent s’est levé, malgré la prière de frère Pierre: «Loué sois-tu mon Seigneur pour frère vent que l’on souhaiterait moins puissant maintenant!» Les croyants se sont séparés sur des lectures provenant de leurs différentes traditions religieuses, chacune rappelant le message de paix qu’elle porte en elle et offre à l’humanité toute entière. Pour les jeunes, environs septante issus surtout des groupes relais valaisans, la nuit s’est prolongée, festive, au Foyer Franciscain.(pf/js)

30 octobre 2011 | 10:44
par webmaster@kath.ch
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