Genève: Le secrétaire général du COE demande l’abrogation d’un décret israélien

La notion de «infiltré» met en péril le processus de paix

Genève, 23 avril 2010 (Apic) Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a exprimé sa consternation suite à la récente mise en œuvre d’un décret militaire redéfinissant la notion de «infiltré » dans les territoires palestiniens occupés. Il a appelé le gouvernement israélien à l’abrogation de ce décret, qui met en péril le processus de paix.

Le pasteur Tveit a concrètement déclaré dans un communiqué qu’il était « inquiet quant aux obstacles que pourraient créer ces nouvelles mesures pour le processus en vue d’une paix juste. » Le communiqué du pasteur norvégien, publié en français le 23 avril et repris par l’agence œcuménique ENI, fait suite à des appels lancés par des responsables chrétiens et des rassemblements d’Eglise aux Etats-Unis, afin que leur pays et d’autres Etats et organisations impliqués dans le processus de paix au Moyen-Orient redonnent un nouvel élan à des négociations en perte de vitesse.

En 1969, l’armée israélienne avait défini comme « infiltré » tout individu entrant illégalement dans une zone occupée, mais un récent amendement élargit cette définition à « un individu pénétrant la zone illégalement à partir de l’entrée en vigueur, ou un individu présent dans la zone sans être en possession d’un permis en bonne et due forme ».

Pour le pasteur Tveit, « cet amendement va affecter des dizaines de milliers de Palestiniens et sera susceptible de les confiner à leurs villes et villages, engendrant une atmosphère de peur dans les territoires occupés. » Il a ajouté: « La situation s’en trouve aggravée. Personne, y compris les Palestiniens, ne doit être privé de ses droits fondamentaux, en l’occurrence de pouvoir se déplacer et de mener une vie normale. »

Israël rejette les accusations

Le ministre des Affaires étrangères israélien a rejeté le 14 avril les accusations selon lesquelles le décret viserait à permettre des déportations massives de Palestiniens. Les médias israéliens ont cité des responsables du Ministère des Affaires étrangères qui affirment que seulement sept personnes ont été placées en détention dans l’attente d’une décision et que rien n’indique que ce chiffre va augmenter.

Le pasteur Tveit, qui est devenu secrétaire général du COE en janvier, a déclaré pour sa part: « Le gouvernement israélien doit immédiatement abroger ce décret, car il enfreint la quatrième Convention de Genève et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. » Il a averti que « si la définition d’un ›infiltré’ s’applique aux Palestiniens nés à Gaza et vivant en Cisjordanie, l’armée expulsera des gens qui sont des ›résidents protégés’ d’une partie du territoire occupé vers l’autre, en violation manifeste de l’Article 49 de la Convention de Genève. »

Dans une lettre datée du 11 avril, adressée au ministre de la Défense israélien, neuf organisations israéliennes de défense des droits de la personne ont également protesté contre ces amendements, rappelle l’agence ENI. Elles dénoncent l’ambiguïté de ce qu’Israël considère comme un permis valide et affirment que les modifications laisseraient le champ libre à l’armée pour poursuivre en justice ou déporter des milliers de Palestiniens qui peuvent être désormais considérés comme des « infiltrés ».

Le 5 avril, les responsables d’importantes organisations chrétiennes des Etats-Unis ont écrit au président Barack Obama pour exprimer leur « vif soutien aux efforts courageux du gouvernement pour faire repartir les négociations visant à obtenir une paix juste et durable en Terre Sainte. « Nous saluons vos efforts pour geler la construction de colonies à Jérusalem-Est et ailleurs dans les Territoires palestiniens, et nous nous tenons à vos côtés pour tenter d’obtenir un accord global mettant fin à l’occupation, garantissant à Israël la sécurité et la reconnaissance et établissant un Etat palestinien sûr et indépendant », ont-ils indiqué. (apic/eni/bb)

23 avril 2010 | 17:07
par webmaster@kath.ch
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