Italie: Un nouveau souffle pour l’esprit d’Assise

La paix n’est pas uniquement le fait des religions

Assise, 28 octobre 2011 (Apic) 25 ans après, la photo d’Assise est à peu près la même. A peu près… Devant la basilique Saint-François, le pape en long manteau blanc est entouré de leaders religieux où le safran voisine avec le violet, et s’engage avec eux pour la paix dans le monde. Le pape, lui, a changé. Et Benoît XVI, comme à son habitude, est venu à Assise sans bruit, évitant toute forme de syncrétisme et en ouvrant largement la porte aux non-croyants, convaincu que la paix ne sera pas uniquement le fait des religions.

Ceux qui étaient présents à Assise le 27 octobre 1986 sont évidemment déçus. «C’est très beau, mais l’on ne prie pas», confie non sans regret un haut prélat de la curie romaine qui avait participé à la toute première rencontre. Les rues d’Assise sont vides, regrettent ceux qui se souviennent avec émotion de l’ambiance de l’époque, des prières en différents lieux, de cette première historique voulue par un pape polonais alors que la Guerre froide n’était pas encore achevée. A l’inverse, d’autres reprochent à Benoît XVI d’être allé à Assise…

Le «gardien de la doctrine», qui avait attendu la rencontre de janvier 2002 pour accompagner Jean Paul II à Assise, a donc fait du chemin. Mais surtout, c’est lui qui montre désormais le chemin.

Sans bruit, mais en expliquant à tous sa démarche, Benoît XVI a effectué son pèlerinage à Assise. A 84 ans, il a pris le «train des religions» et est monté à bord d’un minibus avec les autres chefs de délégation. Il a partagé son repas avec le petit-fils du Mahatma Gandhi et tant d’autres.

A table, mais aussi et surtout dans la basilique Notre-Dame-des-Anges comme devant la basilique Saint-François, cette nouvelle rencontre a été marquée par la sobriété, par une atmosphère presque familiale. Une fois encore le pape théologien est allé à l’essentiel, proposant à chacun de se tourner vers Dieu et la vérité. Car s’il a dénoncé «la cruauté impitoyable» du terrorisme, il a surtout affirmé que la «négation de Dieu» était une nouvelle forme de violence plus pernicieuse encore. Il a tendu la main aux agnostiques, aux chercheurs de Dieu, reconnaissant les faiblesses des croyants à les convaincre.

«L’esprit d’Assise» n’est donc pas mort. Il a juste pris un nouveau souffle, à l’épreuve de la vérité. (apic/imedia/ami)

28 octobre 2011 | 09:47
par webmaster@kath.ch
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