France : Le cardinal Vingt-Trois relève la fin de l’unanimité en faveur du mariage gay

La parole se libère

Rome, 21 novembre 2012 (Apic) «On ne peut plus dire qu’il y a l’unanimité» sur le mariage homosexuel, s’est félicité le 20 novembre 2012 à Rome le cardinal André Vingt-Trois. Le président de la Conférence des évêques de France faisait principalement référence aux prises de parole de l’épiscopat français et au succès de la manifestation anti-mariage gay du 17 novembre en France.

Après le succès de la manifestation en opposition au projet de loi gouvernemental, «on ne peut plus dire qu’il y a une sorte d’unanimisme tolérant et bienveillant pour une opération gentille qui va permettre à tout le monde d’être comme tout le monde», a affirmé le cardinal Vingt-Trois. «La parole se libère, des gens se mettent à parler, et à réfléchir !», a ajouté l’archevêque de Paris à l’occasion de la visite Ad Limina, à Rome, des évêques du quart Nord-Est de la France.

«Le travail que nous avons fait depuis deux ou trois mois a atteint son objectif. Il a crevé le mur du mutisme et la censure d’un certain nombre de médias qui occultaient le fait qu’il y ait des gens qui n’étaient pas en faveur du mariage homosexuel», relève le prélat.

Une manifestation ouverte à tous

«Brusquement, entre fin octobre et début novembre, on a vu surgir dans les journaux des tribunes de gens qui disaient : ce n’est pas si simple que cela, ou des gens qui se sont déclarés publiquement». Le cardinal Vingt-Trois cite notamment le chanteur Dave, «l’une des étoiles notoires de l’homosexualité paisible», ou encore la chanteuse Catherine Lara.

«La manifestation du 17 novembre était conçue et déclarée comme non confessionnelle, même si beaucoup d’organisations chrétiennes tout à fait explicites ont participé à l’organisation», explique le président de la Conférence des évêques de France. Mais c’était ouvert à quiconque partageait les thèmes de la manifestation, d’où la participation de juifs, de musulmans, d’agnostiques, d’athées, etc…, précise-t-il. «Qu’il y ait eu une mobilisation plus forte des chrétiens on s’en réjouit, mais je me suis refusé à appeler à cette manifestation en tant que président de la conférence épiscopale, car je ne voulais pas que ce soit une manifestation organisée et subventionnée par l’Eglise».

Intégristes borderline

«Le dimanche 18 novembre, le groupe Civitas, qui est un groupe borderline intégriste, et même au-delà, a appelé explicitement à la défense du catholicisme et dit ’nous les catholiques’. Mais des ’nous les catholiques’, il n’y en avait pas beaucoup !», souligne Mgr Vingt-Trois. La manifestation a accueilli «des courants politiques extrêmes et quelques casseurs pour faire bonne mesure. Providentiellement, ils ont trouvé des gens pour venir se faire cabosser au moment opportun, c’est-à-dire lorsque les caméras étaient là», relève le cardinal.

Lors de la manifestation, des féministes aux seins nus avaient exhibé des slogans tels que «In gay we trust» ou «Fuck church» peints sur leurs corps. Plusieurs militantes volontairement provocatrices avaient été violement écartées par des participants à la manifestation.

L’archevêque de Paris n’a pas dit si l’épiscopat français donnerait un mot d’ordre pour la manifestation nationale qui devrait se dérouler le 13 janvier prochain. «S’ils persévèrent dans leur bon effort de coordination et d’abstinence à l’égard de leur particularisme. S’ils se mettent d’accord entre eux sur ce qu’il faut faire, peut-être qu’ils y arriveront», s’est contenté de dire le cardinal Vingt-Trois. (apic/imedia/ami/rz)

21 novembre 2012 | 09:38
par webmaster@kath.ch
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