Vitrail de la Pentecôte, de Yoki, à église Ste-Thérèse à Fribourg | © Maurice Page
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La Pentecôte, la surprise de l’Esprit au 50e jour

La Pentecôte, 50 jours après Pâques, constitue un temps fort de l’année liturgique. Fêtée cette année le 23 mai, elle commémore le don de l’Esprit que Dieu fait aux hommes. Manifesté sous forme de langues de feu, dans les Actes des Apôtres, ce don se prolonge dans l’Église, aujourd’hui.

L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus, mort pour le salut du monde, le Vendredi Saint, est ressuscité à Pâques. Il part rejoindre le Père quarante jours plus tard, à l’Ascension. A la Pentecôte Dieu le Père envoie aux hommes l’Esprit de son Fils. Cette fête clôt donc le temps pascal de sept semaines. La Pentecôte signifie également le jour de naissance de l’Église, puisque le Royaume de Dieu, inauguré par la venue du Christ, se développe dans l’Église. Cath.ch vous propose la reprise de cette explication parue en 2019.

Une foule stupéfaite

Le décor du chœur de l’église de la Trinité, à Berne, évoque l’Esprit-Saint et les flammes de la Pentecôte | © Maurice Page

Le 50e jour après Pâques, à Jérusalem, une foule se rassemble pour Chavouot, la fête juive commémorant le don de la Loi à Moïse. La Ville sainte regorge de pèlerins venus de loin, pour certains. Les Apôtres, Marie et quelques proches, cloîtrés dans une maison, par peur des autorités juives, sont surpris. Ils entendent un bruit «pareil à celui d’un violent coup de vent» qui remplit la maison, rapportent les Actes des Apôtres (chapitre 2). C’est un premier signe. Puis – deuxième signe – «une sorte de feu qui se partageait en langues se posa sur chacun d’entre eux». Troisième phénomène: ils sont remplis de l’Esprit-Saint et ils se mettent «à parler en d’autres langues». La foule venue pour Chavouot est stupéfaite «parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue». A tel point que certains les croient ivres (Ac 2, 1-14).

Ainsi, se réalise la promesse faite par le Christ aux apôtres au moment de son Ascension dix jours avant: «Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8).

Une réponse à la Tour de Babel

Les apôtres, renforcés par l’Esprit saint, osent sortir de la salle du Cénacle où ils étaient enfermés. Ils témoignent de la résurrection du Christ, font connaître son enseignement et convertissent par le baptême. Lors de la Pentecôte, l’Église est constituée non par une volonté humaine, mais par la force de l’Esprit de Dieu. Cet événement correspond à la naissance des premières communautés chrétiennes qui se sont ensuite organisées, développées et propagées.

L’Esprit Saint répandu sur les disciples les a ouverts à l’intelligence de la foi. Le parler en langues peut représenter une réponse à l’épisode de la Tour de Babel dans l’Ancien Testament: les peuples divisés, mais présents à Jérusalem, se retrouvent unis lorsque l’Esprit se manifeste.

Le récit des Actes des Apôtres est significatif: le vent et le feu manifestent – comme ailleurs dans la Bible – la présence de Dieu. Les langues de feu témoignent de la venue de l’Esprit-Saint sur ceux qui étaient présents.

Au milieu de l’année liturgique

La Bonne Nouvelle ayant vocation à rejoindre tous les hommes, le don de l’Esprit permet aux apôtres de répondre à l’appel du Christ: être ses témoins «jusqu’aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8). Comme les apôtres, les chrétiens sont appelés à ne pas rester seulement entre eux, hors de la vie et du monde, mais, au contraire, à proclamer clairement et librement la Bonne Nouvelle du salut.

Parce qu’il trouve sa source dans l’événement de la Pentecôte, le sacrement de la confirmation est souvent célébré le jour de cette fête. Au cours de la célébration, l’évêque impose les mains sur chacun des confirmands, manifestant par ce geste le don de l’Esprit.

Au niveau liturgique, la Pentecôte intervient à peu près au milieu de l’année. Celle-ci commence par l’Avent, suivi du Carême puis du temps pascal. On entre ensuite dans le temps ordinaire, ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait plus de grandes fêtes (Trinité, Fête-Dieu ou Saint-Sacrement, Saint-Jean Baptiste…). (cath.ch/bl)


Sur le même sujet: Don de l’Esprit (Jn 20,22) et Pentecôte (Ac 2,…) cours 7/7 de Marie-Christine Varone, bibliste.

Vitrail de la Pentecôte, de Yoki, à église Ste-Thérèse à Fribourg | © Maurice Page
21 mai 2021 | 17:00
par Rédaction
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