La peur du fondamentalisme islamique est bien présente
Haïfa: Le «printemps arabe», un danger pour les chrétiens, affirme Mgr Elias Chacour
Haïfa, 30 mai 2013 (Apic) Le «printemps arabe» est sans aucun doute le plus grand changement auquel le monde musulman a fait face jusqu’à maintenant. Mais ce mouvement historique provoque en même temps une grande effusion de sang et représente un danger pour les chrétiens d’Orient, estime Mgr Elias Chacour, archevêque grec-catholique melkite de Akka, en Galilée.
A l’occasion d’une rencontre avec des journalistes italiens en visite en Israël, Mgr Chacour a souligné le danger que représente pour les chrétiens d’Orient cette révolution qui ensanglante le monde arabe. Le métropolite israélien d’origine palestinienne les a reçus à Haïfa, où il réside. Elias Chacour rappelle qu’auparavant, dans l’espace islamique, il s’agissait avant tout de «luttes au sommet pour le pouvoir», tandis que maintenant, c’est peuple qui s’est soulevé.
Cependant, rapportant les propos de Mgr Chacour, la Fondation autrichienne «Pro Oriente» souligne que la peur du fondamentalisme islamique est bien présente parmi les chrétiens. Citant ce qui se passe actuellement en Libye ou en Egypte, Mgr Chacour relève que les développements positifs tant attendus se font attendre.
Les chrétiens craignent l’imposition de la charia
«Ceux qui risquent le plus de perdre sont sans aucun doute les chrétiens», estime Mgr Elias Chacour: «Nous n’étions pas heureux sous les régimes autoritaires, et nous ne le sommes pas davantage maintenant étant donné le danger de l’imposition de la charia. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve». Actuellement, par exemple, on ne sait pas au juste combien de chrétiens ont fui la Syrie pour trouver refuge au Liban, en Jordanie et en Turquie.
En Israël, estime Mgr Chacour, les chrétiens vivent certainement mieux que dans les territoires palestiniens occupés. «Nous sommes des citoyens israéliens, nous nous réjouissons de la liberté de religion et de la liberté d’expression dont nous disposons, cependant nous ne voulons pas l’assimilation, mais bien l’intégration».
Le métropolite de Galilée déclare que quelque 155’000 citoyens chrétiens vivent actuellement en Israël, dont plus que la moitié sont des grecs-catholiques melkites. Mgr Chacour ne précise pas le pourcentage de chrétiens parmi les nombreux immigrants en provenance de Russie et parmi les travailleurs immigrés venant principalement de Roumanie, d’Inde et des Philippines.
Il est pour lui d’une importance cruciale que les diverses Eglises chrétiennes de Terre Sainte fassent preuve d’unité. «Nous voulons l’unité dans la diversité, et c’est possible. Nous voulons que les communautés religieuses soient considérées comme faisant partie de la solution plutôt que du problème». (apic/kap/be)



