me. La part du rêve aussi, de l’évasion. La Française Marie-Danielle Boix
La poésie a encore sa place dans un monde résolument tourné vers le réalis-
en est convaincue, éprise qu’elle est de beauté, de mots à colorier et de
phrases. Oui, on peut encore écrire de la poésie sans forcément passer pour
loufoque. Comme le metteur en scène Michael Longsdale, Marie-Danielle Boix
a aussi vécu sa «conversion». Professeur de lettres à Paris, 47 ans, mariée
et mère de quatre enfants, elle brosse à travers ses contes le portrait
d’un Magicien… qui a pour nom Dieu. Parce qu’il sait mettre un nom sur
chacun d’entre-nous. Esquisse d’une rencontre…
Pinceaux de mots aux couleurs tantôt vives bientôt tendres… Les phrases du monde de Marie-Danielle Boix s’enchaînent. Et entraînent vers quel
souvenir d’enfance qu’on croyait enfoui, vers quelle odeur qu’on pensait
perdue. Bague d’or chat perché et marelle des jeux de l’insoucience, maraude de toutes les témérités pour une belle grosse pomme trop rouge et si
voyante. Et jusqu’aux effluves des herbes de juillet après l’orage, qui se
mêlent aux fragrances qui exhaltaient nos vacances. Magie des mots… et
d’une poésie qui nous restitue ces moments. Et même jusqu’aux odeurs de la
tresse qui monte dans le four, et des confitures que la main experte et
rassurante d’une maman touille.
La sérénité de l’auteur tranche aujourd’hui avec le côté tragique et
pessimiste qui entourait sa vie et sa pensée auparavant. Il y a une quinzaine d’années. Luxe d’intellectuel? De créateur en mal de recherche toujours prêt à snober l’existence, pour ne pas dire le côté simple des choses
qu’une manie tendrait à compliquer à souhait? «J’ai été frappé, en retrouvant des écrits d’alors, par le côté désespéré et meurtri. Je n’en suis pas
revenue… Jusqu’au jour où je me suis rendue disponible. Par la découverte
de la foi. Ce qui me semblait tragique, absurde et vide a dès lors pris un
autre sens».
Aux leurres et aux grisailles, aux vérités toutes faites ou inventées et
aux divagations artistiques d’alors, Marie-Danielle Boix à préféré les racines profondes de la vie. En découvrant Dieu et l’Amour comme autant de
fils rouges à ses écrits. A ses contes qui narrent l’histoire des «Petits
cailloux blancs» ou du «Petit cheval blanc». Où l’auteur rythme son rêve
par la phrase et l’enchantement des mots. En faisant exploser la vie…. Et
les couleurs de son «Arc-en-Ciel:
Il était une fois… murmura la grand-mère, tout de violet vêtue,
…un grain de sable blanc
un parasol jaune
la mer, si bleue, si bleue, si bleue
et, caché dans la foule, au milieu
d’un grand arbre, vert jusqu’au ciel,
un tout petit bonhomme.
Il était bien vilain
presque nain
et n’osait se montrer à personne
mais il aimait la mer et le sable
et cueillait du regard
les fleurs de parasols
rouges verts mauves.
Il suçait des guimauves
blanches roses
pour se consoler
d’être bien trop laid.
Un jour, continua la grand-mère,
un grand vent
le fit s’envoler
sur un nuage blanc
doucement doucement
il se mit à filer
au gré du vent
de la brise marine.
(…)
Sa poésie, c’est sa bulle d’air à elle, à la fois initiatique et amour
qui amène à la Beauté



