Strasbourg: La Cour européenne des droits de l’homme rend quatre jugements sur la liberté religieuse
La pratique religieuse ne doit pas empiéter sur les droits d’autrui
Strasbourg, 17 janvier 2013 (Apic) Afficher ses croyances au travail est un droit. Tant qu’il ne met pas en cause la sécurité ou la liberté d’autrui. Telle est la conclusion de quatre jugements de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) rendus le 15 janvier 2013 à Strasbourg, rapporte le site d’information catholique belge «Infocatho.be» .
En septembre dernier, quatre Britanniques avaient saisi la CEDH, se plaignant que les tribunaux de leur pays n’avaient pas fait respecter leur liberté de religion et leur droit à ne pas souffrir de discrimination dans le cadre de leur travail.
Sur ces quatre affaires, un seul plaignant a finalement obtenu satisfaction de la part de la Cour de Strasbourg: Nadia Eweida. Cette hôtesse d’accueil de la compagnie aérienne British Airways avait été sanctionnée en 2006 pour avoir arboré un crucifix sur son uniforme. Les tribunaux anglais avaient validé cette sanction mais selon la Cour de Strasbourg, c’était accorder «trop de poids» au souhait de British Airways de véhiculer une certaine image de marque.
En revanche, sur une affaire très similaire, Shirley Chaplin, infirmière gériatrique, s’est vu confirmer l’interdiction du port d’un pendentif religieux, pour des raisons de sécurité avancées par l’hôpital où elle travaillait.
Discrimination des homosexuels contre discrimination des chrétiens
Les juges de Strasbourg ont également débouté deux autres plaignants britanniques, Lilian Ladele, une employée d’état-civil qui avait refusé de célébrer des partenariats civils entre homosexuels, et Gary McFarlane, un conseiller conjugal qui avait avoué à son employeur éprouver des difficultés à conseiller les couples homosexuels en raison de sa foi chrétienne, ce qui lui avait valu d’être licencié.
Dans ces deux derniers cas, la Cour a légitimé son arrêt au nom de la défense des droits de l’homme. «Dans un cas comme dans l’autre, l’employeur mis en cause poursuivait une politique de non-discrimination à l’égard des usagers. Et le droit de ne pas subir de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle est également protégé par la Convention», a-t-elle fait valoir.
La CEDH a ajouté que «lorsque la pratique religieuse d’un individu empiète sur les droits d’autrui, elle peut faire l’objet de restrictions». Pour le tribunal, dans trois des quatre affaires qu’elle avait à juger, le droit des chrétiens à ne pas être discriminés dans leur travail en raison de leur conscience et religion n’a pas été bafoué. (apic/infocathobe/rz)



