Pakistan: Le projet de révision de la Loi sur le blasphème est arrivé au Parlement
La pression internationale s’est accrue avec l’affaire Asia Bibi
Islamabad, 26 novembre 2010 (Apic) Une proposition détaillée de révision de la loi sur le blasphème est arrivée à l’Assemblée nationale. C’est ce que l’agence catholique Fides a appris de Sherry Rehman, musulmane, parlementaire du «Pakistan People Party», qui a rédigé le document et l’a soumis au Secrétariat du Parlement.
Sherry Rehman, présidente de l’Institut d’Etudes Politiques dédié à Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan, a expliqué à Fides les raisons de la motion: «Avec le cas d’Asia Bibi, la pression internationale s’est accrue, le débat intérieur s’est fait bouillonnant et la question fait partie des priorités au niveau politique, social et religieux. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous disposons une précieuse opportunité permettant de discuter finalement des modifications opportunes de la loi sur le blasphème ».
Parmi les différentes propositions de modification contenues dans le document, envoyé à l’Agence Fides, se trouvent par exemple: cinq ans de prison en lieu et place de la peine de mort pour qui commet le délit de blasphème; des peines sévères pour qui formule de fausses accusations de blasphème et pour qui incite à la haine religieuse; le passage des plaintes pour blasphème parmi les compétences de la Haute Cour; la nécessité de preuves précises et de garanties avant l’arrestation d’un accusé.
A l’agenda de la session du 20 décembre?
La prochaine session des travaux du Parlement est prévue pour le 20 décembre. «Nous espérons que le président de l’Assemblée inscrira la motion à l’agenda des travaux. Depuis 25 ans, le pays supporte une législation qui introduite par le Général Zia et n’a été approuvée par aucun Parlement. Il est temps d’affronter ce problème. Dans la société civile, le consensus s’accroît même si l’on enregistre des protestations venant de groupes islamiques extrémistes», a affirmé Sherry Rehman.
A propos de la visite au Pakistan du cardinal Tauran, la parlementaire déclare: «Nous accueillons le soutien du Saint Siège et de la communauté internationale dans le cadre de cette campagne. La loi est honteuse, elle frappe les minorités religieuses (et pas seulement elles) et elle est manifestement injuste. Le prophète Mahomet, homme bon et juste, ne l’accepterait pas. Il est grave et erroné d’accomplir des violences et des injustices en son nom».
Sherry Rehman voit de bons espoirs en ce qui concerne l’affaire Asia Bibi: «Son cas est devenu international et je crois qu’il parviendra à une résolution, soit au travers d’un procès qui démontrera son innocence, soit au travers de la grâce présidentielle. Mais je crois également qu’Asia, symbole de cette campagne anti-blasphème, ne pourra plus vivre au Pakistan parce qu’elle sera en danger de mort. Nous devrons la mettre en sécurité à l’étranger». (apic/fides/bb)



