«La pression sur les personnalités est impitoyable»

Allemagne: La pasteure Margot Kässmann parle au journal «Der Spiegel»

Trèves, 24 juin 2010 (Apic) L’ancienne responsable des protestants d’Allemagne, la pasteure Margot Kässmann, a critiqué, dans une interview, les coupes budgétaires du gouvernement, qui vont affecter les populations les plus défavorisées de la société. Dans une interview du 21 juin accordée au magazine «Der Spiegel», Margot Kässmann a par ailleurs déploré la «pression publique énorme» qui pèse sur les personnalités dans l’exercice de leurs fonctions.

«Nous devons veiller à ce que la paix sociale ne soit pas menacée», a déclaré au «Spiegel» l’ancienne principale évêque protestante d’Allemagne, dans son premier grand entretien depuis sa démission en tant qu’évêque du Hanovre et présidente du Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD), suite à son interpellation pour conduite en état d’ivresse, en février 2010.

Margot Kässmann a affirmé que les riches devraient davantage contribuer aux économies gouvernementales, précisant qu’il est inacceptable que 30 milliards d’euros soient économisés aux dépens des populations les plus pauvres de la société. «La fin de la solidarité dans une société est un gros problème», a-t-elle dit.

La pasteure se confie

Dans l’article du «Spiegel», Margot Kässmann évoque sa vie après sa démission et parle des gens qui sont dans le collimateur des médias, affirmant que «la pression est impitoyable».

Certains observateurs ont affirmé qu’on lui a réservé un traitement plus dur parce qu’elle est une femme et parce qu’elle avait critiqué, en janvier, les opérations militaires de l’Allemagne en Afghanistan, des critiques qu’elle a réitérées dans sa dernière interview.

Elle a démissionné un jour après que son infraction a été rendue publique. Elle a déclaré au «Spiegel» que ce n’est qu’en lisant les journaux qu’elle s’est rendu compte dans quelle mesure elle avait dépassé les limites et qu’elle a pris conscience qu’elle n’avait plus le droit à l’intimité. Elle a été punie d’une amende de 3’600 euros pour négligence, ainsi que d’un retrait de permis jusqu’à la fin de 2010. «J’ai fait une énorme erreur. Et quand on fait une erreur, on doit en assumer les responsabilités», a déclaré Margot Kässmann. Je dois cependant dire que, pour cette négligence, cette affaire a pris des proportions bien plus grandes, non seulement pour moi, mais aussi pour mes collègues et pour l’Eglise. Pour cela, je suis désolée».

A partir de septembre, Margot Kässmann enseignera pendant un semestre à l’Université Emory d’Atlanta, aux Etats-Unis. Quand elle rentrera en janvier, elle espère que l’Eglise aura un emploi à lui offrir. FB

Encadré

La pasteure allemande Margot Kässmann est devenue la plus jeune présidente du Conseil de l’EKD lorsqu’elle a été élue en octobre pour succéder à l’évêque Wolfgang Huber, qui a pris sa retraite à l’âge de 67 ans. L’EKD est l’organisation faîtière de 22 Eglises régionales luthériennes, unies et réformées en Allemagne. Elle rassemble la majeure partie des 24 millions de chrétiens protestants du pays.

Elle a été évêque de l’Eglise évangélique luthérienne du Hanovre de 1999 jusqu’en février 2010. En mai, lors de son premier office depuis sa démission, 1’500 personnes étaient présentes à l’église du marché de Hanovre. Nombre d’entre elles portaient des panneaux demandant son retour en tant qu’évêque. (apic/eni/fb)

24 juin 2010 | 17:30
par webmaster@kath.ch
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