Rome: Les divorcés remariés au centre des interventions lors du dernier consistoire

La problématique a occupé plus de 80% du temps, affirme le cardinal Barbarin

Rome, 25 février 2014 (Apic) Lors du consistoire extraordinaire sur la famille, la question des personnes divorcées remariées a occupé plus de 80% des quelque 70 interventions de cardinaux, a indiqué le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. Dans une interview diffusée par Radio Vatican le 25 février 2014, il a estimé que la «parole de l’Eglise doit se renouveler» car la situation du mariage a «énormément changé».

Pour le cardinal Barbarin, l’épineux sujet de l’accès à la communion des personnes divorcées remariées est «la question la plus difficile, la plus douloureuse». A l’occasion du consistoire extraordinaire sur la famille, qui s’est tenu au Vatican les 21 et 22 février, une très grande majorité des interventions, «de 80 à 90%», a porté sur ce thème, selon des perspectives très différentes, explique l’archevêque de Lyon.

«Ce n’est pas la même chose entre les Philippines et Ouagadougou», relève le cardinal français. A ses yeux, il existe toutefois un consensus sur l’existence d’une vérité issue de la parole de Dieu sur la question, malgré les différences de points de vue. «Se situer du point de vue réglementaire, assure-t-il, et dire que l’Eglise abandonne ses vieux principes, qu’elle s’ouvre, c’est absurde». Et d’insister: «Ce qui vient de quelque chose de conjoncturel dans la vie de l’Eglise peut changer, mais une chose qui vient directement de la parole de Dieu ne va pas changer».

Ni rigorisme, ni laxisme

Le cardinal Barbarin reconnaît que la situation actuelle du mariage, qui a énormément changé, doit pousser l’Eglise à réfléchir sur ce sujet, mais il met en garde contre certaines attitudes. En effet, selon lui, lorsque l’on aborde cette question, «il ne faut pas buter sur le problème en son point ultime, sinon on se cabre immédiatement».

L’archevêque de Lyon estime qu’il faut reprendre les choses profondément en amont, l’important étant de montrer que «cette parole de vérité est parfois difficile à avaler mais que c’est une marque d’amour, pas un châtiment».

«Il ne suffit pas dire ›moi je suis rigoriste, moi je suis laxiste’», affirme encore le cardinal Barbarin, qui évoque ensuite les pistes possibles à explorer concernant cette question, notamment la voie orthodoxe, mentionnée à plusieurs reprises au cours des derniers mois. «Chez les orthodoxes, explique-t-il ainsi, le remariage n’est pas un sacrement, il est béni et prend la forme d’une célébration pénitentielle». Relevant que le climat du consistoire est certes «fraternel», mais il a un aspect «frustrant», dans la mesure où les interventions se succèdent sans vraie discussion. A ses yeux, la formule du consistoire est encore à définir. (apic/imedia/mm/be)

25 février 2014 | 17:44
par webmaster@kath.ch
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