Corée: Le voyage du pape François suscite l'espoir d’une réconciliation entre les deux pays ennemis
La question de la réunification, «une blessure ouverte pour le peuple coréen»
Séoul, 3 août 2014 (Apic) Le voyage apostolique du pape François en Corée, du 14 au 18 août prochain, suscite des espoirs de paix pour la péninsule coréenne, estime Mgr Peter U-ill Kang, évêque de Jeju (Cheju), l’île la plus méridionale de la Corée du Sud.
Cette visite pastorale sera marquée pas une rencontre avec les jeunes du continent asiatique, l’évocation des martyrs chrétiens et des appels à la réconciliation dans une péninsule coréenne divisée. Le pape béatifiera à cette occasion Paul Yun Ji-chung, premier martyr de la nation, ainsi que 123 compagnons qui ont été tués pour la foi au 19ème siècle.
Cette visite du pape suscite des espoirs de paix pour la péninsule, souligne le président de la Conférence épiscopale coréenne, Mgr Peter U-ill Kang. L’évêque de Jeju est certain que François saura relancer le processus de réconciliation entre les deux Corées, divisées depuis 1945, analyse Radio Vatican.
Dans une interview à l’agence de presse catholique asiatique UcanNews, Mgr Peter U-ill Kang souligne que la question de la réunification est une blessure ouverte pour le peuple coréen. «Nous sommes divisés mais nous ne formons qu’un seul peuple, avec la même langue et la même culture», souligne-t-il. Selon lui, la situation actuelle ne pourra pas durer éternellement.
La faim, «un moteur de rébellion» en Corée du Nord
Le changement naîtra au sein du peuple nord-coréen, soumis à un régime communiste draconien. Mais les observateurs constatent déjà des signaux de révolte contre le régime de Pyongyang, sporadiques mais importants, dictés par les conditions de vie difficiles. La faim est un moteur de rébellion encore plus fort que les idéaux de démocratie et de justice, estime-t-il..
Dans cette interview, l’évêque de Jeju s’attarde aussi sur la situation en Corée du Sud, en particulier sur les divisions au sein du clergé coréen au sujet du rôle de l’Eglise. Certains pensent qu’elle devrait s’engager davantage sur le terrain social, à l’exemple du cardinal Kim à l’époque de la dictature. D’autres estiment que ce n’est pas sa mission.
La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas assez connue
Mgr Peter U-ill Kang pense que la visite du pape François permettra de pointer du doigt les inégalités et les injustices sociales dont souffrent surtout les jeunes, et de mettre en lumière la doctrine sociale de l’Eglise, pas assez connue.
De son côté, l’archevêque de Séoul attend un miracle pour les relations intercoréennes qui sont au point mort. Dans un entretien accordé à CBCP, le service d’information de l’épiscopat philippin, Mgr André Yeom, qui est également administrateur apostolique du diocèse de Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, espère que l’évêque de Rome poussera les deux dirigeants ennemis à faire un geste de rapprochement, voire à se rencontrer, comme Mahmoud Abbas et Shimon Peres au Vatican.
Selon lui, les relations intercoréennes sont au plus bas. Des deux côtés, les dirigeants ne montrent aucune volonté de dialogue. D’où l’importance de la visite du pape François, relève Radio Vatican. (apic/radvat/be)



