La réforme de la curie «va de l'avant», assure le coordinateur du C9

Rome: Pour le cardinal Maradiaga, la curie n’est plus «une cour papale»

Rome, 2 décembre 2014 (Apic) La réforme de la curie romaine «va de l’avant», assure le cardinal hondurien Oscar Andres Rodrigez Maradiaga, coordinateur du conseil des cardinaux (C9) chargé d’assister le pape François dans cette démarche. Dans une interview publiée le 2 décembre 2014 par le site spécialisé Vatican Insider, à l’approche d’une nouvelle réunion du C9, le cardinal explique que «la curie ne peut plus être considérée comme la cour papale» mais doit devenir «une structure agile au service du ministère du pape» qui puisse favoriser la collégialité.

Interpellé sur le manque de visibilité extérieure de ces réformes, le cardinal Maradiaga assure que, «de l’intérieur, il y a de grands changements en cours». Il rappelle que maintenant, chaque dicastère doit présenter un budget qui sera rendu public.

Revenant sur les objectifs de la réforme en cours d’élaboration, le prélat hondurien explique que «la curie ne peut plus être considérée comme la cour papale, ni comme un super gouvernement de l’Eglise centralisée, mais comme une structure agile au service du ministère du pape». A la question d’une diminution possible du nombre de cardinaux dans l’appareil curial, il répond par l’affirmative. Selon lui, «il y a besoin de réunions et de consultations plus fréquentes», une simplification qui favorisera la collégialité.

Des détails à finaliser

Dans le détail de la réorganisation des dicastères, le coordinateur du C9 confirme que «les deux pôles dédiés aux laïcs et à la charité sont certains» et recouvriront les compétences de plusieurs conseils pontificaux. Lors de la dernière réunion des chefs de dicastères, explique-t-il, quelques observations ont été faites sur cet organigramme, il reste donc des détails à finaliser.

Le cardinal Maradiaga précise que ces deux pôles seraient deux congrégations qui devraient réunir les secteurs des laïcs, de la famille, des migrants, de la santé ainsi que Cor Unum et Justice et Paix. Toutefois, prévient-il, ces deux congrégations ne seront pas la somme arithmétique de ce qui existe déjà. Il confirme qu’un couple devrait s’occuper du secteur de la famille et avance qu’une religieuse compétente en la matière pourrait s’occuper du secteur des migrants.

Le prélat explique également qu’une réforme de la Secrétairerie d’Etat est à l’étude. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat, devrait proposer à la prochaine réunion un projet sur la question, selon le cardinal Maradiaga. Il annonce aussi que l’un des points abordés sera une distribution différente des compétences internes.

Une longue lune de miel

Sur les critiques émanant de certains milieux à l’encontre du pape François, en particulier depuis les Etats-Unis, le cardinal répond simplement «qu’il y a des pouvoirs qui n’aiment pas se faire entendre dire certaines choses sur les pauvres, sur les conséquences de la mondialisation, sur l’idolâtrie de l’argent, le marché divinisé qui est devenu un véritable esclavage». Le proche collaborateur du pontife assure au contraire que «le peuple de Dieu est enchanté face à ce pape». Le prélat juge que le Saint-Père n’a pas eu droit «seulement» à «une lune de miel des premières semaines ou des premiers mois».

Interpellé enfin sur le récent Synode des évêques sur la famille, le cardinal Maradiaga juge que, dans les 62 paragraphes du rapport final, «il y beaucoup de richesses pastorales, beaucoup de suggestions, une approche globale des problèmes des familles (…) Nous devons réfléchir sur ces sujets et pas seulement sur les sacrements aux divorcés-remariés ou sur les homosexuels», conclut le prélat. (apic/imedia/cl/rz)

2 décembre 2014 | 14:15
par webmaster@kath.ch
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