«La rencontre est ma première priorité»

Sion: Pierre-Yves Maillard, un nouveau vicaire général simple et attentif

Sion, 7 octobre 2014 (Apic) A 45 ans, l’abbé Pierre-Yves Maillard devient le nouveau vicaire général du diocèse de Sion. Après onze années passées à la tête du séminaire – et onze ordinations sacerdotales –, il envisage de manière paisible cette transition. Simplicité et proximité sont les deux mots d’ordre d’un «service» qu’il n’a jamais attendu ni ambitionné. Humble, il se dit «petit» face à la tâche qui l’attend, mais également confiant parce que pouvant compter sur «Jean-Marie», son évêque, qu’il connaît bien et estime profondément. Au seuil de cette nouvelle mission, il révèle à l’APIC le regard qu’il porte sur le diocèse et la manière dont il envisage son ministère de vicaire général. Interview.

Apic: Comment le diocèse de Sion se porte-t-il au lendemain de l’entrée en fonction de sa nouvelle direction?

Pierre-Yves Maillard: Ce qui m’a frappé c’est une immense bienveillance, un très bel accueil de notre nouvel évêque et une grande mise à disposition de la part de chacun. Nous avons reçu de nombreux messages de personnes qui nous disent qu’elles sont là et rendent volontiers service. Je trouve cela extrêmement réjouissant. Nous étions dimanche à Brigue pour le pèlerinage des vocations du Haut-Valais. Là aussi, dans la partie germanophone du diocèse, je sens qu’il y a une très grande bienveillance envers ce nouvel évêque même s’il ne parle pas allemand de façon parfaite.

Parallèlement, je sens aussi une grande attente envers Mgr Lovey, mais aussi envers le reste de l’ordinariat – et donc envers moi – de contact, de rencontre et d’écoute. Dans ce contexte, j’ai voulu marquer le début de ce nouveau service par l’envoi d’un bref message à tous les agents pastoraux pour leur dire qu’ils sont ma première priorité, que je souhaite les rencontrer et les entendre. J’étais étonné du grand nombre de réactions positives. Elles expriment une attente, une attente de rencontre.

Apic: Quelle a été votre réaction en apprenant que Mgr Lovey souhaitait vous confier la charge de vicaire général?

P.Y.M.: Je dois avouer ne jamais avoir demandé ce service, ni l’avoir ambitionné. Le projet pour moi était tout différent. Je devais rester ici à Fribourg au séminaire, mais également auprès du nouveau «Centre Catholique Romand de Formation en Eglise» (CCRFE), un engagement important. Lorsque Jean-Marie Lovey m’a demandé de l’accompagner comme vicaire général, je me suis dit que le Seigneur avait de l’humour. Au CCRFE tout était prêt, jusqu’aux cartes de visite, nous nous réjouissions du lancement de ce nouveau centre et… quelque chose d’autre arrive! Si j’envisage ce service de façon tout-à-fait sereine, c’est justement parce que je ne l’ai pas du tout voulu ni attendu. Cela me permet de l’accepter librement et paisiblement. Quant aux cartes de visites, s’il y a une commode un peu bancale à l’évêché, elles pourront tout de même m’être utiles! (Rires).

Apic: Comment envisagez-vous la collaboration avec Mgr Lovey?

P.Y.M: Jean-Marie Lovey me donne beaucoup de confiance par rapport à ce service de vicaire général. Je le connais depuis longtemps j’ai entière confiance en lui. Il a une humanité exceptionnelle! L’ordination était profondément touchante, jusque sur la place de la Planta en soirée. Cela tient beaucoup à sa personne, à sa cordialité, sa proximité et sa profondeur spirituelle. Dans son homélie, Mgr Ravel, l’évêque coconsécrateur, parlait de la parole et de la voix. Il disait que, même s’il y a une parole intéressante, s’il n’y a pas une «voix» on n’entend pas. Or la voix vient de l’écoute entre le pasteur et ses brebis. Je trouve cela tout à fait pertinent dans la situation actuelle. La voix de Jean-Marie est vraie, sa voix touche, parce qu’il n’y a en elle aucun artifice.

Je me réjouis donc d’être avec lui au quotidien, bien que cette collaboration soit encore pleine d’inconnues. Le fonctionnement de l’ordinariat dépend beaucoup de la personne de l’évêque. J’avoue ne pas savoir ce que sera ce fonctionnement avec Jean-Marie.

Apic: Ne craignez-vous pas qu’une telle fonction ne laisse que peu de place à la dimension pastorale de votre ministère?

P.Y.M: Au contraire, c’est un service profondément pastoral qui m’attend. J’ai le titre de «vicaire général», mais dans le diocèse de Sion cela correspond plutôt, dans les faits, à la fonction de «vicaire épiscopal» dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Ce qui revient aux vicaires généraux à Sion, ce sont d’abord des tâches pastorales. Il y a certes des commissions dans lesquelles je suis appelé à siéger, mais ces commissions sont des lieux de rencontres. Il y a donc un aspect pastoral, là aussi.

Apic: La rencontre est une priorité, comment entendez-vous la concrétiser?

P.Y.M: Je rêve peut-être un peu, mais je souhaite prendre contact avec les responsables des secteurs pastoraux. J’aimerais aller à leur rencontre non pas seulement pour une réunion ou un acte administratif particulier, mais simplement pour être là, avec les gens. J’essayerai de dégager un jour, voire un jour et demi, afin d’aller dans les secteurs pour être là, simplement, en prenant part à une célébration eucharistique de semaine par exemple.

Apic: La simplicité serait donc la marque de fabrique du nouvel ordinariat?

P.Y.M: C’est ce que je reconnais et salue chez Jean-Marie, c’est ce que je sens comme attente de la part des gens. Je souhaite m’inscrire dans cette ligne. Je n’ai pas envie de m’empêtrer dans des titres ou des pompons.

Apic: A travers l’épiscopat de Mgr Lovey, pensez-vous que le diocèse de Sion s’impliquera davantage au niveau romand?

P.Y.M: Il y a beaucoup de Valaisans actifs sur le plan romand. C’est le cas notamment dans le milieu de la formation. Mais je sais bien qu’en Suisse romande, souvent, on se dit que Sion est toujours différent. Le diocèse est effectivement à part, notamment par son bilinguisme – une réalité plus présente que dans le diocèse de LGF –, mais aussi par son système financier. Le diocèse de Sion est pauvre, il n’a pas de grandes ressources financières.

Ceci dit, il y a effectivement des points où le diocèse pourra collaborer davantage pour être plus en lien avec le reste de la Suisse romande.

Apic: Vous quittez le séminaire après onze ans. Que retirez-vous de ces années passées auprès des séminaristes du diocèse?

P.Y.M: Ce furent de très belles années! Je sais depuis quelques temps déjà que je devais quitter Fribourg, mais Mgr Lovey ne voulait pas annoncer ma nomination avant d’être ordonné. J’ai donc vécu ce mois de septembre ici, en lançant cette nouvelle année et cela m’a plu.

Je ne me suis pas ennuyé durant ces onze années. Ce séminaire est une petite maison, mais elle a toujours bien vécu grâce à tous les étudiants, les séminaristes, les discernants, le retour des chanoines du Saint Bernard, puis plus récemment l’arrivée des séminaristes de Lausanne, Genève et Fribourg, grâce également aux employés de la maison. C’est délicat de tirer un bilan, le Seigneur connaît les cœurs et c’est là l’essentiel. Ceci dit, je trouve que l’on a eu beaucoup de chance d’avoir pu célébrer onze ordinations sacerdotales ces onze dernières années. Dans le contexte que nous vivons, ce n’est pas rien. On est même plutôt privilégié. Le passage pour moi se fait de manière rapide, bien que je ne parte pas de façon précipitée. Jusqu’à lundi dernier, ma priorité était ici. Elle est désormais à Sion.

Encadré: Bio expresse

1969: Naissance à Sierre

1996: Ordination sacerdotale pour le diocèse de Sion

1998: Doctorat en théologie

1998-2003: Aumônier du service diocésain de la jeunesse

2003-2014: Directeur du séminaire de Sion et de l’année de discernement

2014: Vicaire général du diocèse de Sion (apic/pp)

8 octobre 2014 | 12:44
par webmaster@kath.ch
Partagez!