Russie: Explosion du racket islamiste au Tatarstan

La République pourrait bientôt ressembler au nord-Caucase

Kazan (Russie), 6 août 2012 (Apic) Les extrémistes musulmans de la République du Tatarstan, en Russie centrale, pratiquent de plus en plus le racket. Les wahabites tentent également d’infiltrer les milieux économiques et politiques de la petite république autonome, rapporte l’agence de presse russe Interfax.

«Les racketeurs islamistes tatars n’ont pas encore emprunté les méthodes des moudjahidines du Caucase, mais cela pourrait venir», indique Rais Suleimanov, directeur du Centre de recherche régionale et ethnoreligieuse de la Volga. Jusqu’à maintenant, les fondamentalistes se contentent de prélever un «zakat», un tribut qu’ils destinent au Djihad, auprès de petits commerçants. Les islamistes du Caucase, eux, envoient des vidéos aux hommes d’affaires, politiques ou hommes de loi locaux leur demandant de payer le «zakat», sous peine d’être «punis».

Outre la fusion entre le grand banditisme et le fondamentalisme islamique qui est à l’œuvre, l’expert russe met en garde contre l’établissement d’une véritable «corporation» wahabite au Tatarstan. Des éléments salafistes seraient en train d’infiltrer la bureaucratie de l’Etat, tentant d’y trouver des protecteurs, des sponsors ou des sympathisants.

Les wahabites bénéficient de puissantes protections

L’on peut déjà observer une résistance de certains fonctionnaires de l’Etat contre les actions du Mufti du Tatarstan, Ildus Faïzov, souligne Rais Suleimanov. Le Mufti cherche à contrer le développement du radicalisme islamique dans la République. Le responsable religieux a d’ailleurs été blessé dans un attentat à la bombe, le 19 juillet dernier.

Dans certaines des principales mosquées du Tatarstan, les postes sont occupés par des personnes ayant étudié en Arabie Saoudite et qui ont des convictions salafistes. Les autorités musulmanes de la République ont été incapables de l’empêcher parce que le clergé wahabite est protégé par des fonctionnaires de haut rang au niveau de la commune ou même de la République, affirme Suleimanov.

Certains hommes d’affaires sont également proches des wahabites et entretiennent des salles de prière où ils peuvent diffuser leur pensée. (apic/ag/rz)

6 août 2012 | 12:15
par webmaster@kath.ch
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