Fribourg: En janvier 09, les évêques suisses sonnaient la fin des absolutions collectives
La requête de 1376 fidèles n’y changera rien
Fribourg, 16 juin 2010 (Apic) En janvier 2009, la Conférence des évêques suisses a publié un décret «recommandant explicitement la mise en œuvre de célébrations pénitentielles communautaires orientées vers la confession individuelle». Peu après, 1376 fidèles du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg ont exprimé leur incompréhension en signant une requête demandant le maintien des différentes formes de célébrations pénitentielles communautaires, et en particulier celle avec absolution collective.
Suite à la remise des signatures à l’évêque, une rencontre a eu lieu en septembre 2009 entre Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse, Mgr Rémy Berchier, vicaire général, et les initiateurs de la requête. Les responsables catholiques ont alors affirmé que «les célébrations communautaires peuvent et doivent continuer, mais le pardon sacramentel, lui, doit être offert dans une démarche vraiment personnelle», rapportent dans un communiqué à l’Apic les initiateurs de la requête.
Mgr Genoud a rappelé à cette occasion que «les chemins du pardon de Dieu sont multiples, et c’est le fidèle, en conscience et en liberté qui en a le choix». Il a précisé également que «la possibilité d’organiser des cérémonies pénitentielles avec absolution collective n’a été accordée, après Vatican II, qu’à titre provisoire. Ce provisoire, qui a duré 30 ans, n’est pas à considérer comme un acquis», selon le communiqué transmis à l’Apic.
Expliquer la richesse du sacrement individuel
Contacté par l’Apic, le vicaire général Rémy Berchier assure que la plupart des paroisses «se sont accommodées à ce qui leur a été demandé». Elles organisent des célébrations pénitentielles préparatoires suivies par des confessions individuelles. «Il reste cependant quelques rares ’foyers’ qui prennent plus de temps pour passer au mode individuel», admet-il. Mgr Berchier affirme apprécier l’initiative de certaines paroisses «qui ont mis l’accent sur des journées ou des week-end de réconciliation, avec conférences, disponibilité au confessionnal ou autres lieux de confession». «Elles font tout pour développer ou expliquer la richesse du sacrement individuel, tout en organisant des célébrations préparatoires, qui constituent une richesse.»
Mais les gens reviennent-ils vraiment à la confession individuelle? «Il est clair que des gens ont lâché. Mais je suis persuadé qu’il reste possible de leur montrer la richesse de la confession individuelle. Cela commence déjà avec les premiers communiants, les confirmands, … «, assure le vicaire général du diocèse. Selon lui, on ne peut affirmer qu’en renonçant aux célébrations avec absolution collective avant les grandes fêtes, l’Eglise a pas perdu une forme de richesse et de complémentarité entre cheminement individuel et forme communautaire. «Il reste beaucoup de moyens de réconciliation communautaire, comme le rite pénitentiel au début de l’eucharistie. C’est en tant que Peuple de Dieu qu’on se reconnaît pécheur et qu’on reçoit un ’sacramentaux’ (ndr: liturgies et gestes qui ne sont pas d’ordre directement sacramentel)», affirme-t-il. (apic/com/bb)



