Rome: Visite du Premier ministre tchèque Petr Necas au Vatican

La restitution des biens de l’Eglise au cœur des discussions

Rome, 25 mai 2012 (Apic) Lors de sa visite au Vatican, le 25 mai, le Premier ministre de la République tchèque Petr Necas a évoqué avec ses différents interlocuteurs la délicate question de la restitution des biens confisqués à l’Eglise par l’Etat durant l’ère communiste. Après avoir été reçu par Benoît XVI, il a rencontré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats.

Lors de ces «échanges cordiaux», après avoir évoqué le souvenir du voyage apostolique de Benoît XVI en République tchèque en 2009, les parties «ont passé en revue certains sujets d’intérêt commun», a rapporté un communiqué publié par le Bureau de presse du Saint-Siège. En particulier, il a été question du projet de loi sur les biens de l’Eglise, actuellement à l’examen au Parlement tchèque.

Petr Necas et ses interlocuteurs ont souhaité que «la procédure législative se conclue dans l’équité, de façon à respecter efficacement la contribution de l’Eglise catholique au pays tout entier». Les deux parties ont confirmé leur volonté de réglementer par un accord les relations entre l’Etat et l’Eglise et de «maintenir un dialogue régulier et constructif aux différentes niveaux institutionnels».

La question de la restitution des biens de l’Eglise spoliés par le régime communiste au milieu des années 1940 est au cœur des débats depuis une vingtaine d’années. La problématique concerne bien sûr des édifices religieux ou des monastères, mais aussi d’autres biens immobiliers comme des bâtiments agricoles, des champs et des forêts. En janvier 2012, le gouvernement tchèque a approuvé un projet de loi prévoyant une restitution en nature de 56% des biens confisqués, notamment champs, forêts et étangs d’une valeur totale de 75 milliards de couronnes (2,9 milliards d’euros), dans les 5 années à venir.

Pour le reste, l’Etat s’engage à verser aux 17 Eglises légalement reconnues du pays une compensation financière de 59 milliards de couronnes (2,3 milliards d’euros), échelonnée sur 30 ans. Dans le même temps, le projet prévoit de modifier le système actuel de subvention publique, avec une réduction progressive des financements de 5% par an, jusqu’à l’autofinancement des Eglises après une période transitoire de 17 ans.

Un souvenir de Prague

Benoît XVI et Petr Necas se sont entretenus dans la bibliothèque privée du pape pendant une vingtaine de minutes, en anglais. Après avoir présenté sa délégation, celui qui dirige le gouvernement tchèque depuis juin 2010 a offert au pape une reproduction d’un Evangéliaire du 9e siècle conservé dans la bibliothèque du monastère de Strahov, à Prague.

On compte actuellement environ 3,7 millions de catholiques en République tchèque, qui représentent donc 35% des 10,6 millions d’habitants de ce pays d’Europe centrale. Avant le régime communiste (1945-1989), plus de 80% de la population était catholique. Aujourd’hui, la République tchèque est souvent présentée comme un pays où l’athéisme est maître. (apic/imedia/cp/bb)

25 mai 2012 | 17:07
par webmaster@kath.ch
Partagez!