La Révolution a mangé ses enfants

Le monde civilisé tout entier s’est réjoui d l’élection de Pie IX, en 1846, explique Victor Conzemius, ancien professeur de l’Université de Lucerne, dans un article de la revue catholique alémanique «Sonntag». Les chefs d’Etat ont reconnu en lui un libéral, susceptible de concrétiser l’idéal démocratique libéral. On espérait même qu’il fasse de l’Italie morcelée et déchirée une véritable entité politique, explique l’historien de l’Eglise luxembourgeois établi à Lucerne.

«Mais la Révolution de 1848 a mangé ses enfants». Des troubles sanglants éclatent. Le Premier ministre du Vatican – et professeur à l’Université de Genève -, Pellegrino Rossi, est assassiné. Une horde d’insurgés pénètrent dans la résidence du pape, qui se voit contraint de fuir à Naples, poursuit l’historien de l’Eglise. Ce n’est qu’en 1850 qu’il regagne Rome, abroge les réformes lancées, reconstruit les murs du ghetto et congédie ses conseillers libéraux pour ne faire désormais confiance qu’à des éléments plutôt réactionnaires, de l’avis du professeur lucernois.

Considérant les décisions libérales prises au début de son pontificat comme une erreur, Pie IX accentue l’autorité de l’enseignement de la foi et celle de l’Eglise. Le premier concile avalise à une majorité écrasante ce changement de cap. Pie IX bénéficie également d’un appui populaire inconditionnel, ajoute l’historien. Victor Consemius précise que ses partisans comme ses détracteurs s’accordent à reconnaître qu’en dépit de tous les clichés, Pie IX était un homme charmant, toujours prêt à plaisanter, et très pieux. (apic/r/job/mjp)

8 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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