Droits des enfants, des immigrés et la liberté religieuse au centre

La ronde des ambassadeurs au Vatican: cinq diplomates reçus par le pape

Rome, 17 décembre 1999 (APIC) Pas moins de cinq nouveaux ambassadeurs ont présenté jeudi à Rome leurs lettres de créances au pape Jean Paul II. Après avoir reçu dans un premier temps les ambassadeurs de Singapour, du Burundi, du Rwanda et du Pakistan, le pape s’est ensuite entretenu avec celui du Danemark, devant qui il a plaidé en faveur des immigrés.

Soulignant que le Danemark est «l’une des premières destinations» des immigrés qui s’installent en Europe, Jean Paul II a estimé que l’»on ne doit pas refuser aux groupes d’immigrés le droit de maintenir et de développer leur propre culture dans leur nouveau pays». Le pape a toutefois précisé que les ces derniers doivent également «s’adapter à la nouvelle culture qui les accueille».

Jean-Paul II a par ailleurs exprimé le souhait que la signature de la Déclaration des catholiques et des Luthériens sur la Justification permettra une meilleure «coopération» entre le Saint-Siège et le Danemark, dans la mesure où les Luthériens représentent 95 % de la population danoise.

Devant les ambassadeurs ensuite réunis, le pape Jean-Paul II a dénoncé les abus dont sont victimes les enfants dans le monde et lancé.

«Il est intolérable que des enfants et des jeunes soient l’objet de commerces corrompus, que ce soit pour la satisfaction d’adultes sans morale ou pour alimenter des réseaux illégaux d’adoption ou de dons d’organes». Evoquant le dixième anniversaire de la Charte des enfants célébré en 1999, le pape a redit qu’il revient aux autorités civiles de «prendre soin de l’insertion des jeunes dans les réseaux sociaux et économiques», et de «leur donner des responsabilités dans la cité, pour faire d’eux des protagonistes de la vie sociale».

Une telle attention à l’égard des jeunes permettra, selon le pape, de «réduire la marginalisation d’un certain nombre d’entre eux», et d’éviter le développement de «formes exacerbées de violence, de drogue et de délinquance», notamment dans les villes et dans les banlieues. Dénonçant les «commerces corrompus» dont certains enfants sont victimes, Jean Paul II a invité à une mobilisation pour que les enfants puissent grandir en ayant une vie normale pour leur âge, sans être soumis à la violence ni à des travaux qui les empêchent de recevoir l’instruction dont ils ont besoin.

Pakistan: les droits de la petite communauté catholique

Recevant enfin l’ambassadeur du Pakistan près le Saint-Siège, Tayyab Siddiqui, Jean Paul II a lancé un appel pressant en faveur du respect de la liberté religieuse dans ce pays.

«La liberté religieuse est le coeur même des droits humains, a en effet affirmé le pape à l’ambassadeur. «La violation de ce droit est une source d’immense souffrance pour les croyants, et il est par conséquent essentiel, quand un Etat accorde un statut spécial à une religion, que cela ne fasse pas au détriment des autres.

Insistant sur le fait que le recours à la violence au nom d’une croyance religieuse est « une perversion des enseignements mêmes des principales religions >>, Jean Paul II a demandé qu’un dialogue doit encouragé entre les religions au Pakistan, pour que «tous puissent voir qu’une croyance religieuse authentique inspire la paix, encourage la solidarité, promeut la justice et soutient la liberté».

Tout en soulignant le petit nombre de catholiques au Pakistan, moins de 1% de la population, Jean Paul II a relevé que s’ils sont fiers de se considérer comme des citoyens pakistanais, ils sont prêts à jouer un rôle dans le développement politique, social et culturel de leur pays, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé au service des plus nécessiteux. «En accomplissant cette tâche, a assuré le pape, l’Eglise ne cherche pas de privilèges spéciaux, mais souhaite simplement exercer librement ses droits et voir ces droits respectés».

Ambassadeurs tancés

Jeudi, le pape avait tancé les ambassadeurs du Burundi et du Rwanda. Le premier en lui notifiant sa condamnation des exécutions sommaires et les actes de violence, qualifiants ces actes d’»atteintes intolérables au respect de la vie». Le second, en condamnant clairement les rouages de la justice du pays de son système carcéral. Sans mentionner le nom de Mgr Misago, évêque rwandais actuellement jugé pour sa prétendue participation au génocide, le pape a demandé aux autorités qu’elles fassent en sorte d’assurer à tous les prisonniers des conditions de vie décentes et la possibilité d’être jugés en toute équité selon les principes du droit, en conformité avec les règles morales fondamentales. (apic/imed/pr)

17 décembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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