Rome: Le pape François et le président du Nigeria condamnent la violence

La secte islamiste Boko Haram sème la mort dans le pays

Rome, 22 mars 2014 (Apic) Le pape François et le président du Nigeria – le pays le plus peuplé d’Afrique avec ses quelque 170 millions d’habitants – ont tous deux condamné samedi toute forme de violence. Le souverain pontife recevait en audience le 22 mars le président de la République fédérale du Nigeria, Jonathan Goodluck. La secte islamiste Boko Haram, qui sème la mort dans le pays, n’a pas été explicitement mentionnée.

L’agence d’information vaticane Fides rappelle à cette occasion qu’au moins 109 catholiques ont été tués dans des attaques perpétrées récemment par la secte Boko Haram dans le diocèse de Maiduguri, selon les informations fournies par le Père Gideon Obasagie, directeur du Bureau diocésain de communication. Maiduguri est le diocèse le plus vaste du Nigeria avec un territoire qui s’étend sur les Etats du nord-est de Borno et de Yobe, et sur un tiers de l’Etat d’Adamawa, des régions très affectées par le terrorisme islamique.

500 catholiques tués par Boko Haram depuis 2009 dans le diocèse de Maiduguri

Malgré l’imposition de l’état d’urgence dans ces trois Etats en 2013, les attaques de Boko Haram se sont intensifiées ces derniers mois. Selon l’évêque de Maiduguri, Mgr Oliver Dashe Doeme, qui a déjà subi plusieurs attaques terroristes visant ses bureaux et la cathédrale St-Patrick, quelque 500 catholiques ont été tués par la secte islamiste dans son diocèse depuis 2009. 22 % des meurtres ont eu lieu ces derniers mois.

Selon un récent rapport publié par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 1’200 personnes – des civils, des militaires et des insurgés –, ont été tuées en moins d’une année. En raison des attaques indiscriminées de Boko Haram, dont le nom en haoussa signifie «l’éducation occidentale est un péché», de nombreux Nigérians fuient préventivement, craignant de possibles représailles de la part de l’armée.

Boko Haram, un mouvement terroriste fondé en 2002 par Mohamed Yusuf

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), basé à Genève, le conflit armé dans le nord-est du Nigeria a déjà entraîné le déplacement de plus de 470’000 personnes à l’intérieur du pays. A cela s’ajoutent les personnes qui ont trouvé refuge au Cameroun, au Tchad et au Niger, fuyant les miliciens de ce mouvement terroriste fondé par Mohamed Yusuf en 2002.

Son organisation veut instaurer un Etat régi par une loi islamique rigide. Le Nord du pays, majoritairement musulman, se vide de ses chrétiens – plus d’un demi-million ont déjà fui les pogroms et les discriminations – tandis que dans le Sud, à majorité chrétienne, la situation est, pour le moment, plus ou moins calme.

Lors de leur entretien, le 22 janvier, le pape François et le président Jonathan Goodluck, un chrétien protestant venant du Sud, ont évoqué «les relations cordiales existant entre le Saint-Siège et le Nigeria». Selon un communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège, la contribution positive de l’Eglise au bien du pays tout entier a été soulignée, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé, comme dans celui de la promotion du dialogue entre les différentes composantes de la société.

Dialogue, liberté religieuse et cohabitation pacifique

Une attention particulière a été réservée lors de cet entretien à la protection de la dignité de la personne humaine et de ses droits fondamentaux, à commencer par la liberté religieuse. Dans ce contexte, le pape et le président nigérian ont renouvelé leur condamnation commune de toute forme de violence et ils ont exprimé le souhait qu’une cohabitation pacifique soit rétablie rapidement dans tout le pays. Ils ont également échangé leurs points de vue sur certains thèmes d’intérêt régional, en particulier sur les situations de crise en Afrique centrale et subsaharienne.

Au terme de leur entretien qui a duré onze minutes dans la salle de la Bibliothèque du Vatican, le pape a salué les membres de la délégation nigériane, composé uniquement de chrétiens: membres du gouvernement, représentants des différentes régions du pays, membres du parti au pouvoir et conseillers ecclésiastiques. La première dame du Nigeria s’est agenouillée pour embrasser l’anneau du pêcheur, mais le pape l’a aussitôt invitée à se relever, rapporte Radio Vatican. (apic/radvat/fides/be)

22 mars 2014 | 18:21
par webmaster@kath.ch
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