Russie: La Conférence épiscopale catholique de la Fédération de Russie souhaite une Eglise orthodoxe forte
La seule chose qui divise est le rôle du pape
Moscou, 7 septembre 2010 (Apic) La Conférence des évêques catholiques de la Fédération de Russie souhaite une Eglise orthodoxe forte. C’est ce qu’a déclaré le Père Igor Kovalevsky, secrétaire général de la Conférence épiscopale dans une interview accordée au quotidien russe «Nezavisimaya Gazeta». L’Eglise catholique a beaucoup de choses en commun avec l’Eglise orthodoxe, notamment dans le domaine des valeurs de la société, de la direction spirituelle et de l’éducation. La seule chose qui divise vraiment les deux Eglises est le rôle du pape, a-t-il laissé entendre.
«La communauté catholique en Russie est minoritaire et doit collaborer avec les orthodoxes, c’est seulement ainsi qu’elle pourra se développer au mieux», affirme le Père Igor Kovalevsky. C’est la raison pour laquelle, ajoute-t-il, «nous pouvons dire que nous sommes intéressés à ce que l’orthodoxie soit forte».
«Nous avons quasiment les mêmes enseignements sur de nombreuses questions»
Dans cette interview, le secrétaire général de la Conférence épiscopale de Russie souligne plutôt les valeurs qui unissent les deux Eglises que ce qui les divise. «Nous avons quasiment les mêmes enseignements sur de nombreuses questions», et «l’unique chose qui nous divise fondamentalement est le rôle du pape, l’évêque de Rome».
Les deux communautés, poursuit le Père Kovalevsky, ont les mêmes valeurs et doivent les protéger face aux défis du sécularisme moderne. Pour le prêtre catholique, l’Europe contemporaine a besoin d’une ré-évangélisation après avoir perdu ses racines chrétiennes: «C’est un problème très sérieux, le défi principal de la culture européenne contemporaine est son anti-religiosité, un front sur lequel Benoît XVI est engagé depuis toujours. Les catholiques, a-t-il ajouté, se trouvent également devant le fait de devoir démentir le stéréotype qui associe le catholicisme à la culture occidentale contemporaine, qui tend au contraire à maintenir Dieu éloigné de la société.
A quand une visite du pape en Russie ?
Sur le thème récurrent d’une éventuelle rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou Kirill, le Père Kovalevsky répète les positions déjà exprimées par l’Eglise orthodoxe russe: «Ni les catholiques ni les orthodoxes ne veulent que la rencontre soit purement protocolaire. C’est la raison pour laquelle, c’est à Dieu de décider quand cela arrivera».
Le Père Kovalevsky souligne également à cette occasion un problème crucial: le manque de paroisses en nombre suffisant à Moscou. Aujourd’hui, la majeure partie des catholiques se concentre dans la capitale, où, selon le secrétaire général de la Conférence épiscopale, deux églises en fonction et une troisième en construction sont bien trop peu. A Moscou et dans les environs de la capitale russe vivent près de 50’000 fidèles, mais il y a moins d’églises ouvertes qu’à Saint-Pétersbourg.
«C’est notre problème principal dans la capitale. Jusqu’à la Révolution de 1917, il y avait à Moscou l’église de Saint-Louis et la paroisse des saints apôtres Pierre et Paul. Cette dernière fut confisquée et comme nouveau lieu de culte, nous avons l’église de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, qui est aujourd’hui notre cathédrale. L’église des saints Pierre et Paul, malheureusement, a été privatisée et la justice russe a légitimé un tel acte». La majeure partie des catholiques sont des citoyens russes d’origine polonaise, allemande ou lituanienne, et les services religieux se tiennent tous en langue russe. (apic/asian/be)




