Le 10e Forum Fribourg Eglise dans le monde était consacré au thème de la solidarité | © Pixabay 
Suisse
Le 10e Forum Fribourg Eglise dans le monde était consacré au thème de la solidarité | © Pixabay 

La solidarité pour Forum Fribourg Eglise dans le monde

19.10.2018 par Bernard Litzler

«Solidarité globale: impulsions de l’Eglise universelle»: le 10e Forum Fribourg Eglise dans le monde, à l’Université Miséricorde, a permis de riches échanges sur la nécessité d’une solidarité sans frontières. Le colloque a été organisé, les 18 et 19 octobre 2018, à l’invitation de l’Institut pour l’étude des religions et le Centre de théologie pastorale comparée.

«Le défi de la solidarité entre les humains reste redoutable, à une époque de développement des communications et dans un monde où les fronts se durcissent». Premier orateur du colloque organisé les 18 et 19 octobre 2018 à l’Université de Fribourg, le jésuite Grégoire Catta, directeur du Service national famille et société de la Conférence des évêques de France, a rappelé combien la solidarité globale importait à l’Eglise, «servante de l’humanité».

En s’appuyant sur l’encyclique Populorum progressio de Paul VI (1967), qui a fait prendre conscience de la dimension mondiale de la question sociale, le religieux a rappelé combien la vision d’un développement intégral avait inspiré des dynamiques de solidarité dans l’Eglise et au-delà. Cette perspective de fraternité universelle a été prolongée par Jean-Paul II dans l’encyclique Sollicitudo rei socialis en 1987. Pour le pape polonais les structures de péché, constitutives de certains mécanismes globaux, entravent la solidarité. Mais la responsabilité de tous à l’égard de l’humanité pose un fondement théologique à un nouveau modèle d’unité du genre humain.

Le jésuite Grégoire Catta, directeur du Service national famille et société de la Conférence des évêques de France | © Bernard Litzler

Lampedusa et Lesbos

Le pape François, relève le Père Catta, a fait de son ministère un chemin de solidarité active. A côté de textes importants comme Evangelii Gaudium (2013) et Laudato Si’ (2015), il a donné à ses gestes solidaires une forte portée symbolique. Ses voyages à Lampedusa, à Lesbos, en Albanie ou en Centrafrique ont réaffirmé la centralité de l’option préférentielle pour les pauvres, en constante évolution.

Le colloque fribourgeois a ensuite permis d’élargir le panorama de la solidarité globale, à travers divers orateurs. Ainsi le théologien belge Henri Derroitte a tiré parti de sa longue expérience pour évoquer la solidarité dans les domaines de la catéchèse, de l’évangélisation et des projets pastoraux.

«A la fois riches et pauvres»

Enseignant à l’Université de Louvain-la-Neuve, le professeur Derroitte a pratiqué un partenariat actif avec l’Afrique. Echanges de chaires d’enseignement avec le continent noir, archivage de productions théologiques africaines, accompagnement d’étudiants africains ainsi que de prêtres africains travaillant sur le Vieux-Continent, l’expérience de l’universitaire court sur plus de 30 ans.

Le professeur Derroitte, enseignant à l’Université de Louvain-la-Neuve | © Bernard Litzler

Cette réciprocité en théologie pratique a concouru à rapprocher les Eglises du sud de celle du Nord, avec un sens missionnaire avéré. «Africains et Européens sont à la fois riches et pauvres. Riche d’une histoire, d’intelligence et de foi. Pauvres en moyens, humains et matériels». Mais ces Eglises sont liées.

110 missions linguistiques en Suisse

Patrick Renz, directeur de Migratio, a placé le curseur de la solidarité sur le terrain des missions linguistiques helvétiques. «Nous avons 110 missions en d’autres langues», a indiqué le responsable des migrants auprès de la Conférence des évêques suisses. Si la plupart sont des langues européennes, il existe également des communautés plus petites, comme les Slovènes ou les Erythréens.

L’appel à la solidarité résonne dans l’Eglise suisse. Les 110 missions cohabitent avec 1599 paroisses, soit 6% de l’ensemble. Ces croyants représentent d’ailleurs 31% des catholiques de Suisse (soit un million de personnes), contre 69% de natifs (2,24 millions). La migration constitue donc un défi dans un monde en constante évolution.

Une culture de l’échange

Pour Patrick Renz, la cohabitation ne devient possible que lorsque le discours sur les migrants perd de son poids émotionnel, avec les peurs sur la perte d’identité. La reconnaissance morale peut alors devenir le terreau d’une culture de l’échange, dans le respect et la solidarité. «La communion, dans une unité qui ne se nivelle pas, dans une diversité qui ne se sépare pas», plaide le patron de Migratio. Il reste du chemin: la Suisse dépense 38 millions de francs pour ses missions linguistiques, alors que les catholiques venus d’autres pays contribuent pour 130 millions à l’impôt ecclésiastique.

Une table ronde a clôturé ce colloque, faisant intervenir Martin Brunner, de Missio Suisse, Sonja Kaufmann, d’Action de Carême, Sœur Adrienne Barras, des Sœurs de Saint-Maurice, Flavio Moresino, de Comundo, et le dominicain Gabriel Samba. Dans le respect de la dignité humaine et la recherche du bien commun, comme les y invitaient les animateurs de ces deux jours, les professeurs Mariano Delgado et François-Xavier Amherdt. (cath.ch/bl)


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