Afrique : Rapport 2010 du Groupe international des droits des minorités

«La Somalie et le Soudan dangereux pour les groupes minoritaires»

Nairobi, 2 mai 2010 (Apic) La Somalie et le Soudan sont classés respectivement premier et deuxième parmi les pays dont les communautés minoritaires sont les plus exposées au risque de violences dues aux conflits armés, à la violence politique, aux déplacements et à l’absence d’Etat de droit. C’est ce qu’indique l’ONG britannique, Minority rights group international (MRG / Groupe international des droits des minorités).

Dans son rapport annuel intitulé «Populations menacées 2010», cité par le réseau d’information régionale intégrée (IRIN de l’ONU), il énumère aussi d’autres pays africains, tels que la République démocratique du Congo (RDC), l’Ethiopie, le Nigeria et le Tchad.

Pour Mohamed Matovu, chargé de l’information régionale de MRG au Kenya, une minorité communautaire ne se définit pas par son nombre, mais par son «manque de participation» et son «exclusion du processus» de prise de décisions. «Cela crée une instabilité politique et pour nous, c’est un indicateur et un avertissement clair que l’avenir du pays est en jeu», a dit à IRIN.

Absence d’une autorité étatique effective en Somalie

«En Somalie, du fait de l’absence d’une autorité étatique effective ou d’un Etat de droit accepté, les minorités marginalisées, exclues du système clanique, notamment les Bantus et les Gaboyes, sont particulièrement exposées à la persécution», a précisé à IRIN Marusca Perazzi, porte-parole de MRG, à l’occasion de la présentation du rapport, à Nairobi, le 27 avril.

Au Sud-Soudan, les Murles, les Kachipos, les Anyuaks, les Jies et les Longarims, les Didingas et les Boyas figurent au nombre des minorités menacées. Ces communautés sont exposées aux attaques des Dinkas, ethnie dominante, aux affrontements entre groupes, aux conflits liés à la terre et au bétail. Elles sont également victimes d’une «représentation faible ou nulle» au sein du gouvernement, tout comme elles subissent les effets du changement climatique.

Au Darfour aussi, les ethnies minoritaires des Fours, des Zaghawas et des Massalits sont également menacées, selon toujours MRG.

L’analyse de l’ONG britannique se fonde sur les indicateurs de bonne gouvernance de la Banque mondiale, les indicateurs de conflit du Center for Systemic Peace (Centre pour la paix systématique), ainsi que sur les classements de risque liés au crédit, publiés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

D’après MRG, les trois Etats qui ont gagné le plus de places sur le tableau en 2010 sont le Soudan, la Fédération de Russie et les Philippines. (apic/ibc/bb)

2 mai 2010 | 13:50
par webmaster@kath.ch
Partagez!