Berne: Alliance Sud critique la politique d’aide au développement de la Confédération
La Suisse manque encore de cohérence
Berne, 11 février 2014 (Apic) «Malgré des approches holistiques et de grandes ambitions, la politique suisse est pleine de contradictions vis-à-vis des pays en développement». C’est la conclusion de l’examen par pays publié le 11 février 2014 par le comité du développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un avis partagé par la coalition d’œuvres d’entraide suisses Alliance Sud.
Le rapport du «Development Assistance Committee» (DAC) de l’OCDE reconnaît tout de même que, depuis le dernier examen il y a quatre ans, la Suisse a mis en œuvre une bonne partie de ses recommandations. Mais il lui adresse une critique tout aussi claire en épinglant, encore une fois, le manque de cohérence de sa politique de développement. La coopération au développement de la Suisse est bonne, mais dans beaucoup de secteurs de politique étrangère, Berne va à l’encontre des intérêts des pays en développement, affirme le document de l’OCDE.
Plus de bonnes intentions que d’actions
Alliance Sud, la communauté de travail des organisations d’entraide Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Caritas et l’Entraide protestante EPER, rejoint cette critique. «D’innombrables groupes de travail interdépartementaux ont été créés pour permettre à la Direction du développement et de la coopération (DDC) et au Secrétariat d’Etat pour l’économie (Seco), de donner leur avis sur des documents politiques, avec d’autres départements fédéraux», explique Nina Schneider, responsable chez Alliance Sud. Mais le résultat est mitigé. «Malheureusement, la recherche d’une politique extérieure suisse plus favorable au développement est davantage pavée de bonnes intentions que de faits concrets», regrette l’experte en développement.
Dispersion des fonds
Le rapport du DAC recommande à la Suisse de continuer à examiner systématiquement les conséquences de sa politique nationale et internationale sur les pays en développement et d’en référer chaque année dans le rapport de politique extérieure. Alliance Sud salue ces recommandations et souligne que pour que la politique de développement soit cohérente, le rapport de politique extérieure devrait surtout examiner toutes les activités de la politique économique extérieure à la lumière de leur impact sur le développement.
Le rapport DAC critique aussi la dispersion des fonds publics sur 70 pays et trop de secteurs. Selon Alliance Sud, cette dispersion entraîne une diversion des fonds alloués au développement en faveur des intérêts de politique étrangère.
Réorganisation de la DDC critiquée
Finalement, l’OCDE partage la critique d’Alliance Sud sur la réorganisation 2009 – 2012 de la DDC. Le transfert de la gestion du personnel vers le Département fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) a occasionné plus de coûts que d’économies et compliqué la planification de la relève et de la gestion des connaissances. La nouvelle structure doit maintenant être communiquée clairement et la DDC doit garder la marge de manœuvre nécessaire pour une planification stratégique du personnel. Selon le DAC, il faut faire marche arrière quant au transfert de la communication de la DDC au DFAE. Cela a créé une lacune regrettable dans l’opinion publique. Seule la DDC a le savoir-faire nécessaire pour amener à l’opinion publique la pratique de la coopération au développement et assurer le soutien à long terme des contribuables, indique le rapport de l’OCDE. (apic/com/rz)




