«La Suisse peut faire plus pour éviter que des armes tombent en de mauvaises mains»
Suisse: Campagne d’Amnesty International contre le commerce des armes
Berne-Lausanne, 27 juin 2012 (Apic) Une pétition munie de 20’089 signatures, réclamant un contrôle plus strict du commerce des armes, a été remise, le 27 juin 2012, au gouvernement suisse et à six ambassades à Berne. L’action s’inscrit dans le cadre de la campagne d’Amnesty International «Haut les mains pour le contrôle des armes». Selon l’ONG, un durcissement des règles du marché de l’armement pourrait empêcher de graves violations des droits humains.
Une pétition avec 20’089 signatures exigeant un contrôle plus strict du commerce des armes a été remise, le 27 juin 2012, au gouvernement suisse et aux ambassades des six plus grands exportateurs d’armement, les Etats-Unis, la Russie, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne et la Chine. Des négociations onusiennes pour un traité international sur le contrôle du commerce des armes conventionnelles débuteront le 2 juillet à New York. Cette occasion historique a amené Amnesty International à lancer une campagne mondiale au cours des deux derniers mois.
En Suisse, la campagne a trouvé un large soutien. Des signatures ont été réunies lors de 30 actions et événements dans 20 villes différentes.
«La Suisse peut faire plus pour empêcher que des armes tombent entre de mauvaises mains», déclare Alain Bovard, juriste à la Section suisse d’Amnesty International. «Nos propres lois sur les exportations d’armes doivent être appliquées plus strictement et ne doivent pas être édulcorées. Nous souhaitons en outre que la Suisse se positionne clairement à New York en faveur d’un traité fort» a-t-il ajouté.
Un traité fort avec une «règle d’or»
Amnesty International s’engage pour l’inclusion d’une «règle d’or» dans le traité. En vertu de celle-ci, chaque Etat sera tenu d’effectuer une analyse scrupuleuse comme préalable à toute autorisation de transfert international d’armes. S’il existe un risque substantiel que des armes soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains, ces transferts devront être bloqués. Pour que le traité soit vraiment efficace, tous les types de transferts et d’armes devront être compris dans le champ d’application du traité. Le texte devra aussi prévoir un système d’enregistrement des transactions et un mécanisme de contrôle.
En Syrie, au Sud-Soudan, au Mexique, au Congo et dans de nombreux autres Etats en conflit, des violations des droits humains sont commises avec des armes trop faciles d’accès. Ces violations sont le fait de troupes armées, mais aussi de la police et des forces de sécurité. Partout dans le monde, les armes sont aussi souvent utilisées lors de violences domestiques. (apic/com/rz)



