France: Sortie du rapport annuel de l’ACAT-France le 23 janvier
La torture, ça n’arrive pas qu’aux autres
Paris, 18 janvier 2013 (Apic) Témoin de l’effrayante banalité de la torture, «Un monde tortionnaire 2013, rapport annuel de l’ACAT-France», dresse un nouvel état des lieux du phénomène tortionnaire dans le monde. Sa sortie officielle est prévue le 23 janvier 2013.
«Avant, je pensais que les gens qui se faisaient torturer le méritaient parce que c’étaient des criminels. Mais en fait, la torture concerne tout le monde», témoigne un Egyptien copte, torturé pour avoir entretenu une relation avec une musulmane.
Tous victimes
N’importe qui est concerné, rappelle le communiqué d’ACAT-France. Que l’on soit militants séparatistes papous en Indonésie, jeunes des rues au Salvador, journalistes en Jordanie, gardés à vue dans les postes de police du Népal, femmes homosexuelles dans les townships d’Afrique du Sud, migrants illégaux en Italie… Cette pratique endémique et tenace se retrouve dans un pays sur deux. L’ACAT la dénonce avec force, en analysant 19 pays, «autoritaires» ou démocratiques, qui complètent la cartographie des rapports annuels précédents.
Devenir bourreau: écoles et techniques
Dans sa seconde partie, consacrée à l’analyse du phénomène tortionnaire, «Un monde tortionnaire» donne la parole à des spécialistes (universitaires, membres d’ONG et experts de l’ACAT). Ils documentent les filières de formation des bourreaux et les terreaux fertiles sur lesquels se développe ce phénomène.
De la préparation psychologique des bourreaux aux stratégies politiques pilotées au plus haut niveau de l’Etat, des écoles de formation aux technologies de la torture fleurissent, telle l’»Ecole des Amériques», dénonce l’association. Le rapport annuel décrit un système et des pratiques très rodés. Ils consistent à apprendre à nier l’humanité de l’autre.
Inertie du phénomène tortionnaire, inertie des Etats
«Quand la torture a gangrené tout un système, elle ne peut s’arrêter du jour au lendemain. On peut parler d’une véritable ’inertie’ de la torture», remarque Jean-Etienne de Linares, délégué général de l’ACAT.
La torture, ce sont aussi des pratiques qui perdurent bien au-delà de la fin de régimes autoritaires. Elle prend le visage de victimes qui n’osent pas porter plainte, d’une justice qui préserve l’impunité des tortionnaires, ou de policiers incapables de rompre avec la brutalité de leurs méthodes, dénonce l’ACAT.
Le rapport insiste également sur l’apathie qui semble toucher les institutions internationales comme les Etats, à l’instar de ceux de l’Union européenne, dont la politique d’asile interroge sur la réelle volonté de protéger les victimes.
Le rapport annuel est disponible à l’adresse www.unmondetortionnaire.com. (apic/acat/com/ggc)



