La Turquie doit assurer une réelle liberté de culte et éviter «toute déviance fondamentaliste, rappelle le pape

Rome, 3 décembre 2014 (Apic) Trois jours après son retour de Turquie, le pape François a expliqué avoir rappelé aux autorités du pays que l’Etat devait assurer une réelle liberté de culte, en évitant toute déviance fondamentaliste. Lors de l’audience générale place Saint-Pierre, le 3 décembre le pape a également salué les participants au 3e sommet des leaders chrétiens et musulmans en cours à Rome.

Comme à son habitude après chacun de ses voyages apostoliques, le pape a profité de l’audience générale pour revenir sur son séjour en Turquie. «J’ai rappelé aux autorités du pays, a-t-il confié, qu’il est important que l’Etat assure aux citoyens et aux groupes religieux une réelle liberté de culte, en évitant toute déviance fondamentaliste». «J’ai aussi insisté sur l’importance que musulmans et chrétiens s’engagent ensemble pour la solidarité, la paix et la justice», a-t-il poursuivi.

A son arrivé à Ankara, le 28 novembre, le pape François avait notamment rappelé devant le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan que le dialogue interreligieux pouvait contribuer à bannir toute forme de fondamentalisme et de terrorisme. Puis, devant le président des Affaires religieuses de Turquie, il avait dénoncé les violences inhumaines perpétrées par l’organisation Etat islamique en Irak et en Syrie.

Lors de l’audience générale, le pape n’a pas mentionné sa visite à la Mosquée bleue d’Istanbul, le 29 novembre. Il a cependant évoqué sa rencontre, «belle mais douloureuse», le lendemain, avec des réfugiés hébergés par les salésiens d’Istanbul. «Les salésiens de l’Oratoire sont courageux», a souligné le pape. Ils les a alors remerciés pour leur beau travail, prenant le soin de féliciter aussi la Turquie pour son accueil des réfugiés.

Dialogue interreligieux et œcuménisme

Le pape a également salué le travail des 30 participants au 3e sommet des leaders chrétiens et musulmans rencontrés en début de matinée. Le pape les avait alors remerciés en leur disant que le dialogue était «la route de la paix».Ce colloque rassemble les 2 et 3 décembre à Rome le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le prince jordanien Hassan Ben Talal, l’évêque épiscopalien Mgr John Bryson Chane, ainsi que l’ayatollah Seyed Mostafa Mohaghegh, directeur des études islamiques à l’Académie des sciences en Iran. Quittant son texte des yeux, le pontife a assuré que, eux aussi, voulaient aller de l’avant dans le dialogue islamo-chrétien.

Devant quelque 10’000 fidèles, le pape François est aussi revenu sur la dimension œcuménique de son voyage. Improvisant, il a précisé que, dans le dialogue œcuménique, «c’est l’Esprit Saint qui fait tout, il suffit de le laisser faire, de l’accueillir et de suivre ses inspirations».

«Le dernier jour, a aussi expliqué le pape, nous avons renforcé les liens fraternels entre le successeur de Pierre et le patriarche oecuménique de Constantinople, renouvelant notre engagement à avancer sur le chemin de la pleine communion entre catholiques et orthodoxes». Une des images fortes de ce voyage reste celle du pape François s’abaissant devant le patriarche en lui demandant sa bénédiction, dans l’église patriarcale Saint-Georges du Phanar. (apic/imedia/bl/mp)

3 décembre 2014 | 13:39
par webmaster@kath.ch
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