Rome: Premier anniversaire de la renonciation de Benoît XVI

La vie discrète du pape émérite

Rome, 8 février 2014 (Apic) Le 11 février 2013, Benoît XVI renonçait au pontificat. Conformément aux propos qu’il avait tenus peu avant cette retraite inédite, le pape émérite a vécu depuis en toute discrétion, au cœur des Jardins du Vatican, faisant de très rares apparitions. Il a rencontré à plusieurs reprises son successeur.

Le 11 février, un grand bouleversement touche l’Eglise catholique lorsque Benoît XVI fait part de sa décision de renoncer à sa charge, expliquant alors son incapacité à bien administrer le ministère qui lui a été confié. Le pape allemand a jugé qu’il n’avait plus, à 85 ans, la vigueur du corps et de l’esprit nécessaire. «Même si maintenant je me retire, dans la prière, je suis toujours proche de vous tous et je suis sûr que vous aussi vous serez proches de moi, même si pour le monde je demeure caché», confiera-t-il aux prêtres du diocèse de Rome.

L’effacement

Après sept ans et dix mois de pontificat, Benoît XVI quitte le trône de Pierre et part se retirer, le 28 février en fin d’après-midi, dans la résidence pontificale de Castel Gandolfo, au sud-est de Rome. Présent dans les esprits mais discret, Benoît XVI ne prend aucunement part au conclave qui se réunit au Vatican afin d’élire son successeur. Il laisse même sans réponse une lettre qui lui est adressée par les cardinaux électeurs lui témoignant de leur affection.

Le monde apprend que Benoît XVI prendra le titre de «pape émérite» et conservera sa soutane blanche. Ces choix suscitent la perplexité dans une Rome encore sous le choc de l’annonce de la renonciation. Quelques photos de lui apparaissent dans la presse people italienne, où l’on peut le voir se promener dans les jardins de Castel Gandolfo en compagnie de son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein.

Passage de témoin

Le 13 mars, le conclave appelle le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio à prendre la suite de Benoît XVI. Le soir même, le pape François s’entretient au téléphone avec son prédécesseur. Mais c’est dix jours plus tard, le 23 mars, qu’a lieu à Castel Gandolfo une rencontre historique, celle des deux papes, dans une ambiance fraternelle et sous l’œil des caméras. C’est alors l’occasion d’un passage de flambeau: Benoît XVI, qui apparaît amaigri et affaibli, confie au pape François les épais dossiers de ›l’affaire Vatileaks’, qui a secoué la curie un an plus tôt.

S’ensuit une période au cours de laquelle Benoît XVI est quasiment absent de l’actualité, fortement concentrée sur les premiers gestes parfois étonnants de son successeur et un changement de style évident. Mais le 2 mai, en fin d’après-midi, Benoît XVI quitte sa retraite afin de s’installer au monastère Mater Ecclesiae, au Vatican. Accueilli par le pape François, Benoît XVI se déclare heureux de son retour. «Je vis comme un moine. Je prie, je lis. Je vais bien». C’est ce que dira la pape émérite un mois plus tard à l’un de se hôtes, l’écrivain allemand Manfred Lutz.

Une présence toujours vivace

Son apparition aux côtés du pape François, le 5 juillet dans les Jardins du Vatican, lors de l’inauguration d’une statue de saint Michel, permet aux fidèles de constater que le pape émérite commence à profiter de son repos. Cette rencontre chaleureuse a lieu quelques heures à peine avant la publication de l’Encyclique sur la foi sur laquelle avait travaillé Benoît XVI et qui porte la signature du pape François.

Deux semaines plus tard, le pape François rend visite à son prédécesseur pour confier à sa prière le premier long déplacement de son pontificat à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse, à Rio de Janeiro. Au Brésil, le pape François cite à plusieurs reprises Benoît XVI devant les jeunes. «En ce moment-même, il nous regarde à la télévision», lance le pape François aux centaines de milliers de jeunes réunis sur la longue plage de Copacabana.

La nouvelle vie du pape émérite

Dans l’ancien monastère de trois étages situé sur les hauteurs du Vatican, où il vit avec son secrétaire et quatre laïques consacrées du mouvement ›Communion et Libération’, le pape émérite passe son temps entre la prière, la lecture et l’écriture. Pour la première fois, le 18 août, il quitte le Vatican pour rejoindre la résidence de Castel Gandolfo, que n’occupe pas son successeur pendant les chauds mois d’été. Dans la fraîcheur des collines romaines, il prie le chapelet et assiste à un concert privé.

Début septembre, le pape émérite célèbre une messe pour ses anciens étudiants, membres du Ratzinger Schülerkreis. Outre quelques clichés de ses promenades de l’après-midi, dans le bois situé derrière le monastère Mater Ecclesiae, apparaissent ça et là quelques photos de ses différentes rencontres.

On voit ainsi Benoît XVI s’entretenir avec les patriarches orientaux de passage à Rome, en présence d’un chœur bavarois, ou encore lors du passage au Vatican de la statue de Notre-Dame de Fatima.

Echange de cadeaux

2013 se termine pour Benoît XVI par un échange de cadeaux avec le pape François, le 23 décembre, et un déjeuner à la Maison Sainte-Marthe, deux jours après Noël. Début janvier 2014, le pape émérite effectue sa seconde sortie hors du Vatican, en toute discrétion, pour se rendre au chevet de son frère aîné, Mgr Georg Ratzinger, hospitalisé à la polyclinique Gemelli de Rome. Le 15 janvier, le pape émérite fête, avec lui, les 90 ans de son frère.

Avec quelques proches, les deux hommes assistent à un concert en l’honneur de Mgr Ratzinger dans des locaux de Radio Vatican situés à quelques pas du monastère. Parmi les invités, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et ancien évêque de Ratisbonne, Mgr Gerhard Ludwig Müller. Il confiera par la suite qu’il ne serait pas étonné que Benoît XVI publie un jour sa biographie. Mais jusqu’alors, peu d’écrits du pape émérite ont été publiés, à l’exception de sa réponse à l’essai provocateur d’un mathématicien athée. (apic/imedia/aldo/ami/rz)

8 février 2014 | 08:18
par webmaster@kath.ch
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