La violence, «une abomination devant Dieu»
Nigeria: Mgr John Onaiyekan appelle les chefs religieux à lutter contre l’instabilité du pays
Lagos, 21 août 2009 (Apic) Le président de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), Mgr John Onaiyekan, a lancé un appel aux chefs religieux des différentes confessions du pays. L’archevêque d’Abuja les a appelés à s’élever contre les problèmes d’instabilité récurrente du pays. Les heurts survenus fin juillet dans le Nord du pays entre combattants du mouvement Boko Haram et forces de police (1) ont fait près de 800 victimes.
Le responsable religieux intervenait au cours de la troisième réunion du Conseil interreligieux du Nigeria (NIREC) qu’il co-préside avec le sultan de Sokoto, président de Conseil suprême des affaires islamiques du Nigeria (NSCIA).
Cité par le journal nigérian en ligne, «Leadership», il a aussi demandé au gouvernement fédéral de trouver une solution aux difficultés socio-économique de la région du Delta du Niger, confrontée à des troubles fréquents liés à des attaques contre les compagnies pétrolières par des populations qui réclament la prise en compte de leur situation par ces compagnies.
Pour Mgr Onaiyekan, les chefs religieux et les chefs traditionnels doivent appeler la jeunesse à renoncer à la violence, et ne pas encourager les activités criminelles, qui attirent la colère de Dieu. «Je ne vois aucune raison pour que toute personne qui prétend être ordonnée ou nommée par Dieu serait impliquée dans la violence, entraînant la perte en vies humaines et la destruction de biens», a-t-il déclaré. Et de souligner que «c’est une abomination devant Dieu».
«En tant qu’évêque et chrétien, si je découvre que tout chrétien essaie de créer une situation chaotique, je devrais être le premier à le dénoncer auprès des services chargés de veiller à l’application de la loi, pour une action appropriée», a poursuivi le président de la CAN. Il a demandé aux différentes structures de l’Etat d’aider le NIREC à réaliser ses objectifs, tout comme il invité les membres du conseil à ne pas se laisser manipuler par les politiciens.
(1) Malgré le fait que des chrétiens aient été recensés parmi les victimes et des églises incendiées pendant les troubles, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) et des sources de l’archidiocèse d’Abuja ont affirmé que les attaques n’avaient comporté aucun caractère religieux mais découlaient d’un profond malaise social, dû à la misère diffuse, à la mauvaise gouvernance et aux abus commis par les forces de l’ordre. (apic/ibc/be)



