La visite en Allemagne, «une grande fête de la foi»

Rome: Benoît XVI souligne que les chrétiens ne peuvent, à eux seuls, «faire l’unité»

Rome, 28 septembre 2011 (Apic) Benoît XVI a souligné le 28 septembre 2011 que les chrétiens ne peuvent, à eux seuls, «faire l’unité». Dressant le bilan de son voyage en Allemagne lors de l’audience générale du mercredi, le pape s’est particulièrement arrêté sur sa rencontre avec des représentants de l’Eglise réformée à Erfurt, intervenue près d’une semaine plus tôt.
Alors que certains luthériens allemands ont fait part de leur déception suite à cette rencontre, dont ils attendaient des résultats concrets, le pape a tenu à rappeler qu’»une foi créée par nous-mêmes n’a aucune valeur» et que les chrétiens ne pouvaient «’faire’ ni la foi ni l’unité tant désirée».

Cette visite a été véritablement «une grande fête de la foi», a tout d’abord affirmé Benoît XVI dans son discours, avant de faire part de sa gratitude pour l’accueil chaleureux et enthousiaste tout autant que pour «l’attention et l’affection» qui lui ont été manifestées dans les différents lieux de son voyage. Pour la 3e fois de son pontificat, Benoît XVI a visité son pays natal du 22 au 25 septembre derniers.

«Une foi créée par nous-mêmes n’a aucune valeur»

«Depuis le début, a déclaré Benoît XVI, j’avais ardemment voulu donner un relief tout particulier à l’œcuménisme dans le cadre de ce voyage, et j’avais vivement désiré vivre un moment œcuménique à Erfurt, car c’est précisément dans cette ville que Martin Luther est entré dans la communauté des Augustins et a été ordonné prêtre».

Si un effort commun de la part des catholiques et des protestants est nécessaire pour atteindre la pleine unité, le pape a invité les fidèles à être conscients qu’ils ne pouvaient «’faire’ ni la foi ni l’unité tant désirée». «Une foi créée par nous-mêmes n’a aucune valeur, a lancé le souverain pontife, et la véritable unité est plutôt un don du Seigneur, qui a prié et prie toujours pour l’unité de ses disciples».

Seul le Christ peut donner cette unité, a ajouté Benoît XVI, «et nous serons de plus en plus unis dans la mesure où nous revenons vers Lui et nous nous laissons transformer par Lui». Dans sa synthèse en allemand, le pape a souligné encore une fois l’importance d’un témoignage commun de la foi dans la société sécularisée, mais aussi «combien nous devons demander au Seigneur le don de l’unité que nous-mêmes ne pouvons donner ou faire».

Toujours dans le registre de l’œcuménisme, le souverain pontife a aussi fait mention de sa rencontre au séminaire de Fribourg-en-Brisgau, dans une atmosphère fraternelle, avec certains représentants des Eglises orthodoxes et orthodoxes orientales «dont nous autres catholiques nous sentons très proches».

Accueil festif à Fribourg-en-Brisgau

Benoît XVI a en outre salué l’accueil particulièrement festif que lui ont réservé les habitants de Fribourg-en-Brisgau et ceux des pays voisins, la France et la Suisse. Il s’est alors dit «heureux de voir que la foi dans (sa) patrie allemande a un visage jeune, qu’elle est vivante et a un avenir». La rencontre avec des catholiques engagés dans l’Eglise et dans la société a été l’occasion pour le pape de rappeler que l’Eglise, dans une société sécularisée, devait «être libre de fardeaux matériels et politiques pour être plus transparente de Dieu».

La visite au Bundestag a été certainement un des moments de grande portée de ce voyage en Allemagne, a encore expliqué le pape, qui y avait voulu «présenter la base du droit et du libre Etat de droit». En français, le pape a affirmé qu’il avait rappelé que Dieu n’était pas un danger pour la démocratie et pour la liberté.

Dans le résumé de son voyage, enfin, le pape n’a pas oublié de mentionner la rencontre émouvante avec Mgr Hermann Scheipers, dernier prêtre encore en vie ayant survécu au camp de concentration nazi de Dachau, ainsi que celle avec des victimes d’abus sexuels commis par des religieux, auxquelles il avait souhaité assurer son «regret» et sa «proximité» dans leur souffrance. Au terme de son discours, saluant les fidèles francophones, le souverain pontife s’est adressé à la quinzaine de pèlerins venus du Bénin, pays où il se rendra en novembre. (apic/imedia/cp/be)

28 septembre 2011 | 13:50
par webmaster@kath.ch
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