Terre Sainte : «Il ne faut pas perdre de vue le but du voyage du pape à Jérusalem»
La visite peut faire bouger les lignes politiques, estime Mgr Antoniazzi
Rome, 21 mai 2014 (Apic) Au cours de sa visite de trois jours en Terre Sainte, du 24 au 26 mai 2014, le pape François ne se rendra pas en Galilée, dans le nord d’Israël. Face à la polémique suscitée par l’absence du pape dans cette région où vivent pourtant de nombreux chrétiens, l’archevêque de Tunis, Mgr Ilario Antoniazzi, affirme qu’il ne faut pas «perdre de vue le but du voyage du pape», à savoir le renforcement des relations œcuméniques, par sa rencontre avec le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier.
Pour Mgr Antoniazzi, qui a vécu de nombreuses années en Israël, la visite du pape François pourrait aussi faire «bouger les lignes» au niveau politique. Contrairement à ses prédécesseurs, le pape n’ira ni à Nazareth, ni sur les rives du lac de Tibériade, et il ne célèbrera pas de messe en présence des dizaines de milliers de chrétiens de Galilée, tous rites confondus. Même Paul VI l’avait fait, alors qu’il n’était resté lui aussi que trois jours dans la région.
La presse se fait l’écho depuis plusieurs jours de la déception des chrétiens locaux, notamment au vu du faible nombre de billets distribués pour la messe à Bethléem, le 25 mai, et de l’accès très restreint aux autres étapes de la visite, en particulier à Jérusalem.
«Il ne faut pas perdre de vue le but du voyage à Jérusalem», rappelle l’archevêque de Tunis. «Le pape François ne fait pas une visite sur les Lieux saints, comme Jean-Paul II ou Benoît XVI, mais il vient véritablement commémorer la rencontre entre Paul VI et Athénagoras, en 1964. Nous attendons beaucoup, insiste-t-il, de la rencontre avec le patriarche Bartholomée».
Une visite qui peut faire bouger les choses
«Beaucoup critiquent le fait que le pape ne célèbrera pas la messe au Saint-Sépulcre mais au Cénacle», admet-il, ajoutant que, «pourtant, c’est cohérent avec le sens de la visite», dont le point d’orgue sera un temps de prière œcuménique dans la basilique de la Résurrection.
«Cette visite très rapide peut faire bouger les lignes au niveau politique», assure également Mgr Antoniazzi. «C’est notre espoir, insiste-t-il, celui de la paix au Moyen-Orient. La visite d’un pape laisse toujours des fruits, même si on les espère parfois plus grands que ce que cette visite peut donner». «Les précédentes visites ont notamment amélioré les relations avec Israël mais aussi avec les musulmans», ajoute Mgr Ilario Antoniazzi en espérant qu’aucun incident politique ne vienne troubler ce voyage. (apic/imedia/mm/mp)



