Malgré l’interdiction du Vatican
Lac de Constance: Une Suissesse a reçu l’ordination sacerdotale samedi 24 juin
La théologienne bâloise Monika Wyss, mère divorcée de quatre enfants, a été ordonnée prêtre catholique tout en sachant qu’elle risque l’excommunication. La cérémonie a été organisée sur un bateau sur le Lac de Constance, entre l’Allemagne et la Suisse par un groupe dissident de femmes prêtres catholiques romaines.
Monika Wyss a été consacrée samedi 24 juin selon les rites catholiques en compagnie de deux autres femmes: Regina Nicolosi, une Allemande installée aux Etats-Unis, et Jane Via, d’Amérique centrale, par trois femmes évêques.
Monika Wyss, qui était déjà diacre affirme que la prêtrise est le but de sa vie. Elle se dit convaincue que, sans les femmes, l’Eglise catholique déclinera. Et, comme tous les catholiques qui plaident pour l’accession des femmes à la prêtrise, elle précise que son ordination n’est en aucun cas un acte de rébellion contre l’Eglise. La théologienne bâloise ajoute qu’elle veut exercer son sacerdoce tout à fait normalement, en célébrant notamment la messe, des baptêmes, des mariages et, surtout, en étant là pour ceux qui ont besoin d’aide.
Les femmes prêtres ne souhaitent pas créer une nouvelle Eglise mais luttent pour l’égalité des sexes au sein de l’Eglise catholique romaine. En procédant depuis quelques années à des ordinations, elles font pression sur les responsables ecclésiastiques.
Les femmes prêtres, qui sont organisées dans des «diocèses virtuels», considèrent que l’interdiction de l’ordination des femmes constitue «une erreur de l’Eglise et qu’il ne s’agit pas d’une règle édictée par le Christ».
L’association Femmes et hommes en Eglise (FHE) annonçait mercredi 21 juin que seize femmes catholiques allaient être prochainement «ordonnées prêtres ou diacres», en Suisse et aux Etats-Unis, Après les ordinations sur le Lac de Constance, douze autres ordinations sont prévues pour le 31 juillet à Pittsburg, aux Etats-Unis, selon un communiqué cosigné de l’association «Genre en christianisme», cité par l’Agence France presse.
Du côté de la CES, le porte-parole de la Conférence des évêques suisses, Mario Galgano a déclaré que «Monika Wyss doit s’attendre à une excommunication».
Une manière de faire bouger l’institution catholique
Auparavant, des femmes avaient déjà été ordonnées prêtres. En 2002, sept femmes d’Allemagne, d’Autriche et des Etats-Unis avaient été ordonnées prêtres lors d’une cérémonie organisée sur un bateau sur le Danube. L’ordination était conduite par deux évêques hommes. Ces femmes – et trois autres, consacrées évêques – avaient été immédiatement excommuniées par Joseph Ratzinger, l’actuel pape alors encore préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi
En juin 2005, une Française, Geneviève Beney, avait reçu une ordination similaire lors d’une cérémonie organisée sur une péniche à Lyon. En juillet 2005, ce fut au tour de quatre femmes – une Canadienne et trois Américaines – d’être «ordonnées prêtres» lors d’une cérémonie médiatisée sur le fleuve Saint-Laurent au Canada. Cinq autres femmes, toutes Américaines, ont été «ordonnées diacres» lors de la même célébration.
Si les Eglises catholique romaine et orthodoxe refusent l’ordination des femmes, des femmes sont prêtres depuis 1994 dans l’Eglise anglicane d’Angleterre. Les épiscopaliens (anglicans américains) ont pour leur part élu récemment comme Primat Katharine Jefferts Schori, 52 ans, évêque du Nevada. Chez les protestants, on le sait, les femmes peuvent être pasteures. De son côté, l’Eglise catholique-chrétienne (qui a rompu avec Rome en 1870 en raison de son refus du dogme de l’infaillibilité du pape) a modifié sa Constitution en 1999 afin d’ouvrir le sacerdoce aux femmes. (apic/ag/vb)



