Des points de vue irréconciliables?

Lambeth: Les anglicans confrontés à un problème majeur, dit l’archevêque de Cantorbéry

Cantorbéry, 23 juillet 2008 (Apic) Ouverte le 16 juillet, la Conférence de Lambeth s’achemine vers une division consommée entre traditionalistes et libéraux. Les évêques réunis, plus 600 évêques anglicans venus du monde entier ont entamé leurs débats, qu’ils poursuivront jusqu’au 3 août, avec les chaises laissées vides par de nombreux évêques, africains notamment, mais aussi nord américains.

La Conférence de Lambeth a lieu tous les dix ans. Celle-ci se vivant dans un contexte marqué des tensions sans précédent au sein de la communion anglicane à propos de l’homosexualité. Et de l’ordination de femmes évêques.

L’archevêque de Cantorbéry, en est du reste conscient: les anglicans, doit-il admettre, sont confrontés à un problème majeur…

«Nous savons tous que nous allons devoir affronter l’un des plus graves problèmes que la famille anglicane ait connus au cours de son histoire», a déclaré dans son discours présidentiel Rowan Williams, l’archevêque de Cantorbéry, à la tête d’une communion forte de 77 millions de fidèles. Mais de plus en plus contesté par l’aile traditionaliste des anglicans. «Nous ne pouvons pas faire abstraction du fait que ce qui est considéré comme une nouvelle doctrine et une nouvelle orientation s’appliquant aux relations entre des personnes de même sexe … est une source de souffrance et d’incompréhension.»

Plus de 200 évêques ne participent pas au rassemblement. Un grand nombre d’entre eux boycottent l’événement pour protester contre la présence de responsables de l’Eglise épiscopalienne (anglicane) aux Etats-Unis qui, en 2003, a consacré V. Gene Robinson, un homosexuel vivant en couple, en tant qu’évêque du New Hampshire. Pour protester enfin contre la décision du synode anglican d’Angleterre tenu récemment à York, d’élever dans le futur des femmes au rang d’évêque.

Inquiétude des autres confessions

Dans un message écrit adressé à la conférence qui se déroule du 16 juillet au 3 août, le patriarche Alexis II, de la très conservatrice Eglise orthodoxe russe, a fait remarquer que les membres de la Conférence de Lambeth allaient se trouver devant une «grande responsabilité historique» et que leurs décisions auraient des répercussions sur l’ensemble du monde chrétien. Selon lui, c’est une tache considérable qui attend les membres de la conférence: «Ils doivent choisir entre les normes bibliques, traditionnelles, de la moralité et les tendances à vouloir considérer le péché et la permissivité générale comme des manifestations d’amour et de tolérance».

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, a pour sa part souligné que «les nouvelles questions qui se sont posées dans le cadre de nos relations constituent un grave défi pour l’espoir d’une unité pleine et visible qui était depuis longtemps l’objectif de nos activités oecuméniques communes». Le Vatican a condamné la décision d’ordonner des femmes évêques.

Le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, «premier parmi ses pairs» dans la hiérarchie de l’Eglise orthodoxe, a dit «qu’il priait pour que le rassemblement «s’avère un conseil marqué par la réconciliation et l’unité, une occasion d’exprimer la vérité dans la sincérité et sans compromis, une occasion aussi d’exprimer la vérité dans l’amour».

L’évêque Robinson, quant à lui, n’a pas été invité à la Conférence de Lambeth, mais il est présent à Cantorbéry. Tandis que les invités assistaient au culte d’ouverture officiel dans la cathédrale de Cantorbéry, il participait à un culte de communion en plein air organisé par des groupes chrétiens d’homosexuels et de lesbiennes.

Dans sa prédication lors du culte, l’évêque sri lankais Duleep de Chickera, de Colombo, a affirmé que l’Eglise se devait d’être «une communion sans exclusive où chacun et chacune a sa place, indépendamment de la couleur de sa peau, de son sexe, de ses aptitudes et de son orientation sexuelle. L’unité dans la diversité est une tradition à laquelle les anglicans sont très attachés». Il a néanmoins constaté qu’en réalité, «notre communion anglicane est atteinte. Certains d’entre nous sont absents, c’est la preuve que quelque chose ne va pas». (apic/eni/pr)

23 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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