Vatican

Les larmes de Jésus sont 'l’antidote' à l’indifférence face à la souffrance

Les pleurs de Jésus sont «l’antidote» contre l’indifférence envers la souffrance des autres, a assuré le pape lors d’une ‘veillée de prière pour sécher les larmes’, le 5 mai 2016 en fin d’après-midi, dans le cadre du Jubilé de la miséricorde. Célébrant cette veillée dans la basilique Saint-Pierre, le pape a écouté des témoignages particulièrement émouvants, parmi lesquels celui de parents ayant fait face au suicide de leur enfant.

Au début de la cérémonie, le pape François est entré dans la basilique vaticane, vêtu de sa simple soutane blanche, sur l’hymne du jubilé. Il a tout d’abord écouté le témoignage poignant de la famille Pellegrino, meurtrie par le suicide du fils aîné, Antonio, à l’âge de 15 ans. «C’est à ce moment que l’Amour de Dieu s’est agenouillé sur mon existence, il a essuyé toute mes larmes», a témoigné sa mère, Giovanna, très émue. Grâce à l’association Figli in cielo (enfants au ciel), la famille a pu se relever. «La Résurrection du Christ peut devenir une expérience concrète, même dans l’expérience dévastatrice de la perte du bien humainement le plus précieux, son propre enfant», a assuré la mère de famille.

«J’ai senti que cette accolade venait directement du ciel»

Raffaele, 14 ans, a expliqué quant a lui avoir ressenti une «colère énorme» et s’être éloigné de l’Eglise à la mort de son grand frère, puis, en observant l’expérience de ses parents, avoir vécu une conversion à la foi catholique. «J’avais échoué comme père, comme mari, comme chrétien», a confié à son tour le père d’Antonio. Le soir des funérailles, un inconnu est venu l’encourager, lui confiant avoir vécu le même drame: «J’ai senti que cette accolade venait directement du ciel», que c’était la miséricorde de Dieu. La famille a alors déposé une bougie devant le reliquaire de Notre-Dame des larmes de Syracuse, exposé à la vénération des fidèles.

Le pape a ensuite écouté le récit de Félix Qaiser, un journaliste pakistanais catholique réfugié en Italie car menacé de mort, avec sa famille, par les terroristes islamistes. En 2007, ses articles à propos de la persécution des chrétiens pakistanais, ont été récompensés par le prix international de l’association des journalistes catholiques. En Italie, «au début, cela a été très dur. Ma femme et mes deux enfants étaient restés au Pakistan». «Connaître la persécution et la peur de mourir est une expérience terrible surtout en pensant à mes enfants. La foi dans les moments obscurs a été mon ancre de salut», a-t-il confié, accompagné de sa famille, qui a pu le retrouver après quatre ans d’attente. Maurizio Fratamico, la quarantaine, a raconté à son tour comment la conversion de son frère jumeau l’avait sauvé, après une vie d’excès l’ayant conduit à une profonde dépression.

Un océan de désolation

Après avoir écouté ces témoignages entrecoupés de prières de consolation et de chants, le pape François s’est adressé à l’assemblée. «Dans les moments de tristesse, dans la souffrance de la maladie, dans l’angoisse de la persécution et dans la douleur du deuil», a assuré le pape, «nous avons besoin de miséricorde, de la consolation qui vient du Seigneur». Les larmes versées à chaque instant dans le monde, a-t-il ajouté, forment «comme un océan de désolation qui demande pitié, compassion, consolation».

«Dieu a pleuré et ses larmes ont lavé beaucoup d’âmes»

Dans la douleur, «nous ne sommes pas seuls», a poursuivi le pape en rappelant que Jésus aussi avait fondu en larmes à la mort de son ami Lazare. «Dieu a pleuré» et ses larmes ont lavé beaucoup d’âmes, elles ont adouci beaucoup de blessures. Pour l’évêque de Rome, «les pleurs de Jésus sont l’antidote contre l’indifférence envers la souffrance de (ses) frères». Ces pleurs ne peuvent pas rester sans réponse de la part des chrétiens appelés à consoler de la manière dont Il console. «La prière est le vrai remède à notre souffrance», a ajouté le pontife, car elle fait sentir la présence de Dieu près de nous.

Des volontaires ont ensuite collecté des intentions de prières écrites à la main par des fidèles pendant la veillée, avant que ne soient lues des intentions de prière universelle. L’assemblée et le pape ont alors prié pour les chrétiens persécutés, les personnes torturées, traitées comme des esclaves, pour les victimes du terrorisme, les enfants abusés, les personnes accusées injustement et emprisonnées, celles opprimées par diverses dépendances, ou encore pour les familles ayant perdu un enfant avant ou après la naissance. (cath.ch-apic/imedia/bl/ak/mp)

Prière à la basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem (photo Maurice Page 2014)
6 mai 2016 | 00:12
par Maurice Page
Prière (136), souffrance (5)
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