L'assistance au suicide ne peut pas faire partie de la médecine

L’assistance au suicide ne fait pas partie de l’activité médicale, car elle est contraire aux buts de la médecine, rappelle le 24 février 2018, la Commission de bioéthique de la Conférence des évêques suisses CES).

Pour la Commission de bioéthique de la Conférence des évêques suisses (CES) les nouvelles directives sur «l’attitude face à la fin de vie et à la mort” proposées par l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) s’avèrent problématiques. En prônant le relativisme et l’opinion subjective des soignants, ces directives se conforment à l’évolution des mœurs, mais ne fournissent pas d’indications véritablement éthiques, déplore un communiqué du 24 février 2018.

Répondant  la consultation lancée par l’ASSM, la commission des évêques s’inquiète surtout du traitement de l’aide au suicide. Selon les nouvelles directives, au lieu de maintenir comme il se doit que «l’assistance au suicide ne fait pas partie de l’activité médicale, car elle est contraire aux buts de la médecine», chaque soignant devrait dorénavant décider, lui-même, si pour lui, cette pratique entre ou non dans les objectifs médicaux.

La Commission de bioéthique s’oppose fermement à cet abandon de l’éthique de la part de la plus haute instance morale qui oriente la pratique médicale suisse. Elle demande à l’ASSM de conserver la formulation usuelle, car elle est conforme au sens de la médecine et honore les exigences éthiques universelles.

Absence d’indications véritablement éthiques

Si les discussions concernant la sédation ouvrent des perspectives nouvelles et équilibrées, en revanche la ligne générale du document s’avère problématique, estime la commission. «L’ASSM renonce en effet à toute objectivité des finalités de la médecine pour les remplacer par un relativisme, qui met unilatéralement l’accent sur l’autodétermination des patients et l’opinion subjective des soignants. Ces directives se conforment ainsi aux mœurs, mais ne fournissent pas d’indications véritablement éthiques.»

La commission regrette que ces directives, «pour la première fois dans l’histoire de l’ASSM, renoncent à toute objectivité en éthique, à l’encontre d’une tradition séculaire, porteuse d’avenir, de nuances et d’équilibre.»

La situation est d’autant plus inquiétante que ces directives sont intégrées de facto dans le code de déontologie de la Fédération des médecins suisses (FMH) et donc deviennent obligatoires pour ses membres, déplore François-Xavier Putallaz, président de la Commission. Or, un code de déontologie devrait justement être un document qui échappe à la subjectivité et dit comment la profession se comprend collectivement. (cath.ch/com/mp)

Consultation concernant les directives « Attitude face à la fin de vie et à la mort » de l’ASSM (418.31 kB)

 

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24 février 2018 | 12:40
par Maurice Page
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