Lausanne: Des familles kurdes occupent pacifiquement pour 24 heures la basilique
Avec la «bénédiction» des Eglises protestante et catholique
Lausanne, 23 novembre 2001 (APIC) Des familles kurdes, une vingtaine de personnes, menacées de renvoi occupent depuis vendredi matin la basilique Notre Dame du Valentin à Lausanne. Elles entendent y rester 24 heures, puis gagneront Berne samedi pour la manifestation nationale de soutien aux sans-papiers.
L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud et le vicariat épiscopal de l’Eglise catholique romaine en Pays de Vaud soutiennent cette action. Elles souhaitent que les responsables de la paroisse Notre Dame «accueillent les personnes présentes avec respect et amitié et qu’elles entrent en négociation avec elles au sujet de cette occupation pacifique et non violente d’une durée de vingt-quatre heures au maximum».
Les familles kurdes sont épaulées par des membres du collectif de soutien aux sans-papiers. Elles ont pris place dans l’église pour un «refuge symbolique et de courte durée», a expliqué Frédéric Masson, du mouvement de soutien. Cette action veut attirer l’attention sur la situation difficile de huit familles menacées d’expulsion.
Des matelas doivent être installés dans l’église durant la journée pour qu’une vingtaine de personnes, des Kurdes et des sympathisants, puissent y passer la nuit. Un accord a été trouvé avec le curé de l’église pour cette occupation de courte durée.
Difficile situation
Dans un communiqué publié peu après l’occupation de la basilique les Eglises réformée et catholique dans le canton de Vaud déplorent la situation de détresse humaine dans laquelle se trouvent les sans-papiers et bon nombre de demandeurs d’asile. Elles mettent en évidence que «des sans-papiers travaillent en Suisse – souvent dans des conditions difficiles -, dont les enfants vont à l’école, alors qu’ils ont refait leur vie ici, ils paient des impôts, des cotisations sociales…»
Les deux Eglises s’inquiètent en raison de la situation dans laquelle se trouvent les Kurdes sommés de rentrer en Turquie. «Le retour au pays représente pour eux un risque qu’ils ne peuvent pas prendre. La plupart d’entre eux ont des enfants, en partie nés et scolarisés dans le canton de Vaud. Les informations reçues des œuvres d’entraide, à propos de la situation des Kurdes en Turquie, nous ont déjà conduits à dire notre inquiétude au Conseil d’Etat».
Les autorités des deux Eglises demandent enfin aux personnes responsables du Collectif des sans-papiers et à tous ceux et toutes celles qui soutiennent cette action de tenir leurs engagements d’une occupation pacifique et non-violente, et de tout faire pour que les activités régulières de la paroisse puissent avoir lieu dans les meilleures conditions possibles. (apic/com/pr)



