Placer les intérêts du peuple au dessus de tous les autres

Lausanne: Des oeuvres d’entraide suisses demandent des mesures pour la paix en Haïti

Lausanne, 18 février 2004 (Apic) Le président Jean-Bertrand Aristide, en tant que chef d’Etat, a une responsabilité particulière dans la situation de crise et de violence que traverse Haïti. Il doit placer les intérêts du peuple au dessus de toute autre considération. Cet appel urgent a été lancé par treize oeuvres d’entraide suisses au gouvernement de Port-au-Prince.

Dans leur message transmis à la presse le 18 février, les oeuvres d’entraide suisses regroupées sous la dénomination «Plateforme Haïti» lancent un appel au gouvernement haïtien et à l’opposition, aux autorités suisses et à l’ONU en vue de la résolution du conflit. «La volonté inébranlable du président de rester à son poste divise la population et la met en danger», soutiennent-elles, sans demander explicitement la démission ce Jean-Bertrand Aristide.

Les signataires rappellent cependant au gouvernement sa responsabilité dans la crise: «La lutte pour le contrôle du pouvoir semble avoir occulté toute autre considération, à commencer par celle de la responsabilité qui incombe aux hommes et femmes politiques de garantir aux citoyennes et citoyens de vivre en paix, dans la liberté, la dignité et la sécurité, de s’adonner à leurs occupations et de s’épanouir le mieux possible».

Bicentenaire de l’indépendance de Haïti

L’année 2004, qui correspond au bicentenaire de l’indépendance de Haïti, ancienne colonie française, «a débuté sous le signe de confrontations violentes de pus en plus graves, entraînant la mort de dizaines de personnes, la paralysie du pays et de grandes inquiétudes pour l’avenir immédiat».

L’appel des oeuvres d’entraide suisses s’adresse:

au président Aristide, prié de «placer les intérêts du peuple haïtien au dessus de toute autre considération»;

aux membres du gouvernement haïtiens, à ceux de l’opposition, aux organisations civiles, «invités à prendre au sérieux les aspirations légitimes des Haïtiennes et Haïtiens» et à rechercher une solution pacifique à la crise;

à la communauté internationale, qui doit «s’engager pour une solution urgente à la crise actuelle»;

au gouvernement suisse, «prié s’user de son influence au sein des instances de la communauté internationale en vue de trouver une solution urgente à la crise haïtienne».

L’appel de la «Plateforme Haïti» est signée des organisations suivantes: Action de Carême, Aide Suisse à l’Action Communautaire en Haïti, Cartas Genève, Commission Tiers-Monde de l’Eglise catholique, Commission Tiers-Monde de l’Eglise protestante de Genève, Communauté des Missionnaires Laïques, Fonds d’investissement pour le Développement et la solidarité, Association Coup de Pouce Suisse-Haïti, E-CHANGER, Eirene Comité suisse, Enfants du Monde, OEuvre d’entraide des Eglises protestantes suisse, Terre des Hommes Genève.

Une véritable guerre civile, selon les évêques haïtiens

Des soulèvements populaires, depuis plusieurs semaines, ont succédé à la vague de protestation pacifique des opposants au président Aristide. Des groupes armés se sont insurgés dans plusieurs localités de l’île, provoquant de nombreux actes de violence et des dizaines de morts. La Conférence épiscopale haïtienne a lancé, le 17 février, un appel en vue de rétablir la paix dans le pays. Les violences dégénèrent désormais en «guerre civile», a affirmé Mgr Hubert Constant, archevêque de Cap Haïtien et président de la Conférence des évêques, en demandant que «la solution la plus adéquate soit prise pour ramener la paix dans le pays». (apic/com/bb)

18 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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