Une aubaine pour les initiatives locales en faveur de la paix

Lausanne: Des volontaires de Peace Watch au secours des Palestiniens

Déo Negamiyimana, pour l’Apic

Lausanne, 22 juin 2005 (Apic) L’association Peace Watch a ouvert ce printemps une antenne romande à Lausanne. Des Suisses s’y engagent en faveur de la paix en Palestine et en Israël. Témoignages de volontaires qui ont déjà fait une expérience de trois mois et qui sont prêts à la renouveler pour tenter de mettre fin à l’occupation illégale des territoires palestiniens.

Ils s’appellent des accompagnateurs ou observateurs internationaux. Leur âge varie entre 25 et 75 ans. Ces Suisses, hommes et femmes, sont persuadés que leur présence contribue à protéger le courant pacifiste au sein des sociétés palestiniennes et israéliennes. Ils veulent lutter contre les violations des droits humains orchestrées par le gouvernement de Sharon. Pour que le monde sache ce qui se passe dans cette région qui ne finit pas de s’embraser, ils veulent aussi témoigner de leurs expériences et susciter surtout l’attention de ceux qui restent indifférents face à la souffrance de tout un peuple.

«A plusieurs reprises, se souvient Florence Nicole, des Israéliennes et des Palestiniennes ont exprimé leur reconnaissance pour notre présence qui leur donnait de la force. Elles étaient conscientes que nous allions agir, comme ambassadeurs, en transmettant ce que nous avons vu et entendu à nos parentés et amis, et leur faire savoir combien certains Israéliens se mobilisent pour voir cesser l’occupation palestinienne». Pour cette ancienne collaboratrice du Département fédéral des affaires étrangères, il est très édifiant de voir les efforts que déploie par exemple l’organisation «Machsom Watch», qui regroupe des Israéliennes. «La plupart de ces femmes, indique Florence Nicole, sont des cinquantenaires comme moi. Elles sont régulièrement présentes aux checkpoints, les postes de contrôle de la défense israélienne. Au besoin, elles n’hésitent pas à intervenir en faveur de la population civile palestinienne en cas d’humiliation ou d’interdiction».

Toute une population étranglée

Depuis des années déjà, ces Israéliennes qu’on appelle «women in black» – des femmes en noir – se rencontrent tous les vendredi à Jérusalem. Avec des pancartes, elles appellent à la fin de l’occupation, insistant sur son caractère ignominieux. Parmi ces manifestantes, on trouve aussi des mères d’objecteurs de conscience qui ne cessent d’aller protester devant les prisons, demandant la mise en liberté immédiate de leurs fils refusant d’intervenir militairement en Palestine. «Nous voulons promouvoir cette prise de conscience vu que notre action rend très prudents les colons et autres représentants du gouvernement israélien», explique cette ancienne volontaire à Jérusalem.

Même son de cloche chez Rachel Man. «Notre rôle semble assez simple. Mais nous sommes convaincus que nous pouvons aider les Palestiniens à vivre relativement tranquilles même avant la libération», estime la Lausannoise. «Quand nous accompagnons les villageois dans leurs tâches quotidiennes comme la garde des moutons, la récolte des olives ou l’accompagnement des étudiants à l’école, les gens se sentent soulagés. Nous sommes sûrs qu’ils réduiront par exemple au moins la distance à parcourir de plus de 90%», renchérit-elle.

Un travail indispensable à la survie des Palestiniens

Dans un témoignage qu’il a rédigé, Théo von Fallenberg affirme que le travail des volontaires de Peace Watch reste indispensable à la survie des Palestiniens. Pour lui, le peuple palestinien sait qu’il ne peut rien faire tout seul contre l’occupant surarmé. «Notre solidarité consiste à partager leur dur quotidien rendant des services vraiment utiles». Le retraité de l’Office fédéral de l’aide au développement parle d’étranglement de toute une population. Au cours de son séjour, il affirme avoir dormi dans les environs du mur dit de sécurité. «Le quotidien est pénible, se rappelle-t- il. Nuit et jour, j’entendais tout le temps le bruit des bulldozers qui déracinaient des milliers d’oliviers. En même temps, les mêmes machines travaillaient à la fermeture qui coupe les terrains agricoles des puits, privant les paysans de leur base vitale. Les habitants ont tout le temps peur que l’armée vienne et arrête l’un ou l’autre membre de la famille.»

Apparemment désespérés, les Palestiniens gardent le moral qui apparaît dans un humour noir. «Nous rions pour ne pas devenir fou», indiquaient-ils à Théo von Fellenberg qui leur demandait d’où ils trouvaient la joie et la force de persévérer. Ce bénévole de Peace Watch prône une collaboration entre tous les observateurs internationaux. Une union pareille renforcerait la solidarité des femmes et des hommes israélo- palestiniens animés de bonne foi. «La paix au Proche-Orient est à ce prix», concluent les volontaires. DNG

Peace Watch au service des services d’entraides protestantes

Diverses oeuvres d’entraide telles Mission 21, le Mouvement chrétien pour la paix (MCP), l’Entraide protestante suisse (EPER) et HorYson (coopération internationale des unions chrétiennes suisses) se sont rassemblées sous l’égide de la Fédération des Eglises protestantes suisses (FEPS) pour soutenir le programme de paix au Proche-Orient. Elles ont mandaté le travail de recherche de volontaires, leur formation et leur suivi à l’organisation Peace Watch Palestine-Israël.

Informations: Peace Watch Suitzerland / Projet Palestine-Israël en Suisse romande

C/O Rachel Man, Curtat 6 – 1005 Lausanne

Courriel: palestine-romandeàpeacewatch.ch / Site internet: www.peacewatch.ch

(apic/dng/bb)

22 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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