L’Eglise réformée vaudoise crée un mensuel qui remplacera Croire

Lausanne: Du nouveau dans la presse protestante romande

Lausanne, 7 mai 1999 (APIC) Le Conseil synodal de l’Eglise réformée vaudoise a décidé de créer un mensuel dont le premier numéro paraîtra en été 2000. Ce nouveau journal, dont on ne connaît pas encore le titre, remplacera «Croire». Un groupe de travail présidé par le pasteur Philippe Gafner planchera jusqu’à l’automne sur un projet rédactionnel et un plan de financement. Sur la base de ces documents, le Synode choisira en novembre prochain la formule définitive.

Le plus connu des journaux protestants vaudois va disparaître en été 2000. «Croire» sera remplacé par un mensuel dont la formule est actuellement en chantier. On sait qu’il aura 32 pages réparties en deux cahiers, l’un traitant de l’actualité nationale et internationale, l’autre consacré aux activités des différents lieux d’Eglise (paroisses et aumôneries) du canton. Il s’agira d’un tous-ménages financé par l’argent ecclésiastique et les annonceurs publicitaires. La rédaction sera probablement constituée de deux rédacteurs à plein temps.

A la faveur de contacts établis avec le monde de la presse, le nouveau journal a obtenu le droit de reproduire les articles à caractère religieux publiés par «Le Monde», «Courrier international», «Construire», «Le Courrier» (de Genève) et «L’Echo Magazine». Il pourra aussi bénéficier de l’apport de la future agence de presse protestante romande et de collaborations au coup par coup avec les publications ecclésiastiques des autres cantons romands. Pour l’heure, un groupe de travail conduit par Philippe Gafner, pasteur à Vufflens-le-Château, a commencé à plancher sur un projet rédactionnel et financier. Composé de deux théologiens, un journaliste, un graphiste et un dessinateur de presse, ce groupe de travail devra réaliser d’ici l’automne plusieurs maquettes. Sur cette base, le Synode vaudois choisira la formule définitive en novembre prochain.

S’agissant du financement, l’Eglise vaudoise n’a pas l’intention d’augmenter sa quote-part aux frais de fonctionnement du journal: «Il faut être réaliste, explique Joël Guy, membre à plein temps du Conseil synodal vaudois, les moyens de l’Eglise et des paroisses ne suffisent pas. En revanche, nous avons débloqué des fonds pour étoffer le comité de rédaction. Mais s’il faut davantage d’argent, il doit venir de la publicité. A cet égard, nous avons bon espoir qu’une distribution tous-ménages représente un support intéressant pour les annonceurs».

Quant au contenu du journal, même si le Conseil synodal vaudois se dit ouvert à toutes les possibilités, il a d’ores et déjà exprimé sa préférence pour un traitement prenant du recul par rapport à l’actualité: «Un dossier sur la légitimité de l’action de l’OTAN dans les Balkans me semble par exemple parfaitement adéquat, explique Joël Guy. Je conçois en effet ce journal comme un moyen d’aider le citoyen de l’Eglise et le citoyen vaudois à se forger une opinion protestante, c’est-à-dire sensible aux difficultés des hommes et respectueux de la pluralité des idées».

A l’évidence, le successeur de «Croire» se fixe des objectifs d’audience non négligeables et davantage de présence dans le déébat public. De là à apparaître comme un concurrent dans les autres cantons romands… : «Notre nouveau journal n’est pas un premier pas vers un organe romand, relève Joël Guy. Le souvenir de l’échec de «La Vie protestante» qui fonctionnait à l’échelle romande il y a une quinzaine d’années est encore dans les esprits. Cependant, il est vrai que certains périodiques religieux à faible tirage pourraient trouver leur avantage à être présents dans nos colonnes». (apic/spp/ba)

7 mai 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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