Lutter contre les sectes dangereuses en Suisse

Lausanne : L’ADFI devient ADFIS (071188)

Lausanne, 7novembre(APIC) C’est dans le but d’aider les familles d’adeptes de sectes et d’informer le public sur les périls que représentent les

cultes «dangereux» et les sectes «à risques» qu’est née il y a cinq ans à

Lausanne l’ADFI, l’Association pour la défense de la famille et de l’individu. Il a fallu attendre cinq ans pour qu’elle soit enfin fondée statutairement le vendredi 4 novembre. Sa première assemblée générale dans la capitale vaudoise a quelque peu été troublée par une manifestation d’adeptes de

l’Eglise de scientologie, qui ont distribué des tracts aux participants au

nom du «Comité Suisse contre la Discrimination».

Association sans but lucratif, apolitique et non confessionnelle, l’ADFI

Suisse s’appelle depuis vendredi «ADFIS», pour se distinguer de l’organisation française dont elle s’est inspirée et avec laquelle elle maintient des

contacts étroits. Son président est le diacre protestant lausannois Paul

Ranc, à l’origine du mouvement, et sa vice-présidente Mme Françoise Elsig,

de St-Prex, dont le fils de 22 ans, ancien champion suisse de parapente, a

disparu de son domicile le 10 juin dernier et aurait été enrôlé par une

secte. Les parents de la petite Sarah Oberson, de Saxon, étaient présents

lors de l’assemblée constitutive de l’ADFIS, au nom de l’Anneau Blanc, qui

se consacre particulièrement aux disparitions d’enfants. La nouvelle association collabore encore étroitement avec la Communauté de travail suisse

contre les cultes destructeurs (SADK), dont le siège est à Dielsdorf, dans

le canton de Zurich. Une section tessinoise de l’ADFIS devrait en outre

bientôt voir le jour.

Dès le début, l’ADFIS a été submergée de demandes d’aide de parents

désespérés, affirme Paul Ranc. En cinq ans, il a lui-même reçu quelque 250

appels et a eu une centaine de rencontres personnelles avec des familles

touchées par ce problème. C’est surtout contre l’Eglise de scientologie que

l’ADFI a eu un certain succès : grâce à son service juridique, des sommes

d’argent importantes ont pu être récupérées. C’est que les «cours» de

l’Eglise de scientologie ne sont pas gratuits, comme l’a souligné M.

Charles Häusler, de Guin, dont le fils est lui-même scientologue. Certains

adeptes de cette secte se sont déjà endettés pour plusieurs centaines de

milliers de francs, souvent prêtés par des banques de petit crédit connues

ou des instituts financiers aux mains de la secte, comme «Sol Finance».

Selon l’ADFIS, en dix ans, il y a eu entre 50’000 et 100’000 personnes

concernées par les sectes en Suisse. A Lausanne, ces cinq dernières années,

entre 5 à 8’000 personnes auraient un moment ou à un autre été recrutées

par la scientologie. C’est donc un phénomène qui prend de l’ampleur et qui

inquiète les parents souvent impuissants : c’est que les sectes ne recrutent plus que rarement des mineurs. Quant aux jeunes adultes attirés par

ces «nouveaux mouvements religieux», ils peuvent arguer de leur liberté

personnelle et de la liberté de culte. Il est en effet difficile de prouver

qu’un adepte de secte l’est contre son gré, qu’il a subi un «lavage de cerveau» ou d’autres types de contraintes. L’ADFIS pour sa part veut récupérer

ces jeunes adeptes dans la légalité, sans violence, et sans recourir aux

techniques contestables de «deprograming» qui coûtent une petite fortune

(au minimum 20’000 francs) et qui utilisent également des méthodes de contrainte. (apic/be)

7 novembre 1988 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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