Des jeunes s’adressent aux jeunes
Lausanne: L’EPER et le FLIPROP produisent un CD hip hop contre le racisme
Déo Negamiyimana, de l’Apic
Lausanne, 5 mai 2004 (Apic) Le FLIPROD, un groupe de jeunes rappeurs romands, en collaboration avec l’Entraide protestante suisse (EPER), vient de produire un CD intitulé «Sur ton palier». L’oeuvre, destinée aux jeunes, veut contribuer à la lutte contre les préjugés racistes.
Huit titres figurent sur le CD «Sur ton palier», diffusé à 2000 exemplaires et présenté à la presse le 4 mai à Lausanne. «On vient chanter, loin de chez moi», «Incompris», «Robin Hood des temps modernes», etc . des titres pour évoquer des difficultés sociales rencontrées chaque jour par les jeunes de l’immigration. Les idées véhiculées dans leurs chants sont surtout évocateurs. Ainsi, dans le morceau de Mens Sana, «Reste à l’écoute», les mots décrivent les conflits, les incompréhensions et l’intolérance dans un immeuble. Dans un autre titre, le groupe se met à la place d’une personne âgée qui se méfie des voisins, souvent étrangers. L’occasion de prendre la parole et de donner leur propre vision de la situation qui découle d’un manque d’ouverture et de dialogue.
La réalisation du CD a été supervisée pendant deux ans par Flave François-Sanchez, 26 ans.» Nous avons tout fait pour que le message soit clair», indique t-il à une dizaine de journalistes venus au vernissage de l’oeuvre. «Nous nous adressons, a-t-il souligné, au palier suisse parce que c’est là que nous vivons. Nous voulons que les jeunes suisses, les adultes y compris, comprennent que nous ne fumons pas que le joint. Nous aimons mieux cohabiter et nous avons choisi le hip hop parce que nous savons qu’ils aiment ce genre de musique. Un cadeau que nous leur offrons.»
Projet de lutte contre le racisme
Directrice du projet, l’EPER affirme qu’il existe un racisme rampant en Suisse. Selon Corinne Sanchoz, secrétaire romande, on ne peut lutter contre le racisme qu’en en parlant autour de soi. En commençant aussi plus près de chez soi. Le CD, explique-t-elle, est le premier volet de ce projet qui sera prolongé par la réalisation d’un kit pédagogique, utilisé dans toutes les écoles vaudoises dès l’automne 2004.
Pour Corinne Sanchoz, le hip-hop permet aux jeunes de s’exprimer de manière positive sur les problèmes de violence, de racisme ou de drogue. «Aujourd’hui, souligne- t-elle, cette musique est indissociable du quotidien romand. Elle est plus qu’un mouvement musical et reflète des malaises de notre société qu’elle dénonce. Derrière les provocation se cache toutefois la force créatrice de ce mouvement, mis à l’honneur dans ce projet».
Subvention de la Confédération
Le coût de ce travail de sensibilisation est estimé à 90’000 francs suisses. Une subvention est accordée par le Fonds de projet contre le racisme, lancé par la Confédération. Afin de récupérer cet argent, des tournées sont prévues dans toute la Suisse. Les sommes récolées serviront également à alimenter les caisses de la FLIPROD et à donner une petite rémunération aux jeunes artistes qui pour la plupart n’ont pas encore trouvé du travail. (apic/dng/bb)




