Des contes pour Noël et pour toujours

Lausanne: La pasteure Hélène Küng, des écrits pour résister au désespoir

Déo Negamiyimana, pour l’agence Apic

Lausanne, 11 décembre 2005 (APIC) A travers un recueil de 10 contes de Noël inédits intitulé «Un jour à ne pas manquer», la pasteure Hélène Küng nous offre un coup d’»anti-déprime». Si la Lausannoise, engagée aux côtés des requérants d’asile, se refuse à donner une solution aux questions que les gens se posent, elle soutient que le livre peut contribuer au moins à rappeler que le mal n’aura pas le dernier mot.

Hélène Küng, engagée depuis plusieurs années dans les milieux de défense de l’asile, travaille aujourd’hui à l’aumônerie oecuménique du Centre d’enregistrement des requérants d’asile de Vallorbe. Elle collabore également au Service d’Aide Juridique aux Exilés (SAJE), à Lausanne et Vallorbe. Le siège de Sarajevo, la chute de Srebrenica, le génocide rwandais ont inspiré quelques-uns de ces contes. Ils cherchent les mots pour oser dire le malheur, mais aussi pour guetter l’espoir. L’humour, l’inattendu, la révolte y surgissent et permettent de contourner le fatalisme et la résignation.

Dans un entretien qu’elle nous accorde sur «Un jour à ne pas manquer», Hélène Küng tient à souligner que son livre est un message d’espoir. «En ces jours de Noël où cette fête risque d’être assimilée à une insulte aux victimes de l’injustice et des luttes pour le pouvoir, dit-elle, ces pages ne sont pas écrites pour donner des leçons mais pour voir au-delà du désespoir. A Noël comme d’ailleurs le reste de l’année.» Les textes de la pasteure vaudoise sont imprégnés de tragédies mais aussi et surtout d’humour pour aider le lecteur à marcher vers la lumière de l’espoir.

Une écriture pour dénoncer les injustices

Dans le temps et dans l’espace, l’aumônier de Vallorbe fait un aperçu de nombreux événements qui ont marqué la vie humaine de tous les temps et de tous les pays, y compris des récits de fugitifs. Ainsi, la Vaudoise fait intervenir un homme qui raconte la fuite de son pays devenu insupportable.

Dans le dernier conte, l’auteure prête ses mots aux filles de Job. L’une d’elles, Colombe, des âpres montagnes aux jungles humides, entretient la résistance aux climats et aux envahisseurs. Colombe a d’ailleurs transmis à Paloma, Corazon, Esperanza ou Rigoberta, ses descendantes, des armes de résistance aux implacables crises.

Espérer et résister sont les mots-clés du message véhiculé par l’ouvrage de la pasteure de l’Eglise réformée du canton de Vaud. Pendant 7 ans, elle a assuré la formation théologique des pasteurs au Rwanda. Très active aux côtés des «Femmes pour la paix» durant le conflit en ex-Yougoslavie, puis au SAJ, la conteuse est aussi membre de SOS asile. «Je suis régulièrement révoltée par ce que je vois, confie-t-elle, mais je ne vais jamais faiblir dans la détermination à dénoncer les injustices».

Un combat populaire au vrai sens du terme

Ecrit de façon à ne pas casser l’espoir, l’ouvrage ne veut pas non plus entretenir des illusions et prétendre réduire le mal simplement par le conte. «Ma contribution est de montrer que le conte, comme les traditions biblique et poétiques entre autres, permet de prendre la parole et dire les choses et les raconter pour sortir des impasses de la vie», indique-t-elle.

Pour elle, les mots sont dotés d’un grand pouvoir. Raconter à la manière des poètes ambulants d’autrefois, des troubadours, des prophètes et des psalmistes, est un combat populaire au vrai sens du terme. L’écrivaine entend partager ce combat non violent avec sa famille, ses connaissances et tous ceux qui, bien sûr, se posent beaucoup de questions sur la vie sans se contenter de réponses faciles. Elle a par ailleurs offert les bénéfices et droits d’auteurs au SAJE à Lausanne. DNG

(*) Hélène Küng, Un jour à ne pas manquer, et autres contes de Noël, éditions Labor et Fides, Genève, 152p. Courriel: contact@laboretfides.com (apic/dng/be)

11 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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