Suisse

Lausanne: l’affaire Fatzer a trouvé son épilogue

Le procès qui a opposé le pasteur Daniel Fatzer à son ex-employeur, l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), suite à son licenciement, a trouvé hier son épilogue. Le pasteur a reconnu ses torts, l’EERV le licenciement abusif. En accord avec son ex-employé, elle met à disposition des fonds pour soutenir des projets pionniers de l’EERV.

C’était le feuilleton qui avait occupé durant quatre ans l’EERV. Il aura fallu un changement de son exécutif pour régler le différend épineux qui a opposé le pasteur Daniel Fatzer à son ex-employeur. Le 15 juin 2016, le Conseil synodal (CS) de EERV, l’exécutif en fonction à l’époque (législature 2014-2019), licenciait avec effet immédiat le pasteur vaudois «pour justes motifs». Celui-ci avait alors entamé durant 23 jours, une grève de la faim, mais sans résultats. Il avait alors intenté un procès à son Eglise.

Dès le départ, Daniel Fatzer avait proposé à plusieurs reprises un dialogue avec le Conseil synodal, pour trouver une solution à l’amiable et éviter le recours à la justice. Ses propositions avaient été rejetées. Suite aux mêmes propositions faites au Conseil synodal entré en fonction en septembre 2019, le nouvel exécutif a noué contact avec le pasteur.

Après plusieurs mois d’échanges entre ce dernier et une délégation du Conseil synodal, un accord a été conclu. D’un côté, Daniel Fatzer reconnaît qu’une partie des torts lui revient. Il explique qu’il est «un être passionné», qui, lorsqu’il s’engage, s’investit entièrement et sans la moindre réserve, mais que la passion a également ses revers. «Je n’aime pas ce qui se met en travers de mon chemin parce que cela ralentit (…) le but à atteindre.» Il reconnait comprendre ainsi que «la défense de certains collègues, (…) de certains projets, mon enthousiasme pour certaines causes aient pu blesser aussi bien la majorité que les structures du pouvoir. Je les prie donc d’excuser et de pardonner le côté négatif de mes passions, en leur demandant, humblement, de ne pas oublier leur aspect positif.»

Licenciement abusif reconnu

Le Conseil synodal reconnaît pour sa part que le caractère immédiat du congé qu’il a signifié à Daniel Fatzer était abusif, puisque les circonstances ne permettaient pas ce licenciement. Le pouvoir exécutif traduit sa conviction en rendant publique la résolution de «l’affaire Fatzer» et en mettant à disposition des fonds en faveur de tiers, en particulier pour soutenir différents projets pionniers de l’EERV, en accord avec Daniel Fatzer. Il se réjouit vivement de cette solution trouvée entre membres d’une même Eglise.

Le Conseil synodal actuel s’abstient de commenter publiquement la gestion et les décisions de ses prédécesseurs dans cette affaire. Il souligne qu’il partage les mêmes convictions qu’eux en matière de foi chrétienne, mais que la manière de les appliquer «reflète des cultures et expériences propres à chaque personne». Ces sensibilités s’expriment notamment quant aux choix de gouvernance. (cath.ch/com/cp)

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1 juillet 2020 | 13:57
par Carole Pirker
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