Plus de 35 organisations mobilisées
Lausanne: Lancement du comité référendaire vaudois contre la loi sur l’asile
Lausanne, 20 janvier 2006 (Apic) Réunis vendredi 20 janvier à Lausanne, diverses personnalités des milieux associatifs, ecclésiaux, syndicaux, politiques et artistiques ont lancé les deux référendums NON aux lois contre l’asile et les étrangers, dans le canton de Vaud. Plus de 35 organisations se sont mobilisées pour récolter des signatures.
Parmi les référendaires, se trouvent notamment le Centre social protestant, L’Entraide protestante suisse, Caritas, Amnesty International, le Forum des étrangères et étrangers de Lausanne (FEEL), le Collectif vaudois de soutien aux sans-papiers (CVSSP), ainsi que le Parti socialiste vaudois et d’autres mouvements syndicaux et socialistes.
Rappelant les principaux enjeux de ce référendum, l’avocat Jean-Michel Dolivo a affirmé que la nouvelle Loi sur les étrangers (LETR) soutenait une «politique de ségrégation en fonction de l’origine nationale». Elle supprime l’autorisation d’établissement après 10 ans de séjour et réduit le regroupement familial. De plus, elle permettra de doubler la durée (24 mois) de détention pour des personnes n’ayant pas commis de délits.
Les durcissements proposés pour la Loi sur l’asile LASI sont inhumains et inacceptables, relevait Marianne Tellenbach, au nom de l’Eglise réformée. «Exiger des papiers d’identité à des personnes venant de pays où elles sont persécutées relève d’une claire volonté d’exclusion», selon elle. «La LASI supprime l’aide sociale à toute personne déboutée, sans exception pour les personnes malades ou âgées, les mineurs non accompagnés ou encore les femmes enceintes. Le durcissement de la LASI est une nouvelle atteinte aux droits de la personne humaine et aux personnes qui cherchent refuge dans notre pays. Souvent victimes d’atrocités, de violences économiques, sociales et humaines, ces personnes ne viennent pas chez nous par choix mais sous la contrainte», a conclu Marianne Tellenbach.
L’ancien chancelier de la Confédération, François Couchepin, s’oppose résolument à ces deux lois qu’il a qualifiées de «scélérates, honteuses et félonnes». Il est choqué qu’il soit possible dans notre pays de laisser des personnes mourir de faim ou de les emprisonner sans qu’elles n’aient commis de délit. Il s’engage pour la restauration du principe d’une «Suisse, terre d’asile».
Pour l’humoriste et homme de radio Lova Golovchiner, ces deux lois lui rappellent le conseiller national James Schwarzenbach, auteur dans les années 70 d’initiatives à caractère xénophobe. «Les vieux démons ne meurent jamais. mais changent de nom», selon lui. Il conclut son intervention en lançant: «Très bientôt . l’Union européenne se félicitera d’avoir échappé à la Suisse!» (apic/com/bb)



