La Bible n’est pas un livre de recettes politiques

Lausanne:Le conseiller national Claude Ruey parle de son engagement chrétien en politique

Par Déo Negamiyimana, pour l’Apic

Lausanne, 14 mai 2009 (Apic) Jeudi 14 mai, dans un des auditoires de la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne, le conseiller national libéral-radical Claude Ruey a clamé haut et fort son engagement politique et son identité de réformé. Invité à s’exprimer dans un séminaire de «Nouveau Testament et littérature chrétienne», le libéral vaudois estime qu’il faut bien s’engager en politique si l’on en a envie pour «participer à l’ordre de conservation du monde». Retour sur les propos d’un protestant qui se ressource aisément dans la sagesse catholique.

Claude Ruey n’est pas seulement un militant libéral, c’est aussi et surtout un politicien engagé. Dans sa conférence destinée aux étudiants en théologie, il a donné un exposé sur «Communauté politique, subsidiarité, justice». C’est ainsi qu’il a présenté sa lecture de la tâche politique qu’il a su confronter aux valeurs du Nouveau Testament.

Non au fondamentalisme chrétien

Devant un public d’étudiants et de professeurs, tous attentifs et analysant chaque mot, Claude Ruey a montré sa détermination à faire de la politique sans s’écarter de sa foi chrétienne de réformé. Le politicien a tenu à souligner que la Bible n’est pas un livre de recettes politiques. «Les chrétiens doivent lire la Parole, prier et comprendre leur rôle d’aujourd’hui. Avec humilité», précise le conférencier qui met en garde contre toute tentation de tomber dans le fondamentalisme chrétien.

S’appropriant les propos d’Aristote, le politicien affirme que l’homme est un être de relation et un animal politique. Il ne peut donc goûter au bonheur que s’il vit en communauté. Et le conseiller national de revendiquer son droit et son devoir de participer à la construction de la société, profitant de l’ouverture démocratique qu’offre la Suisse à tous ses citoyens.

«Il s’agit d’encadrer la démocratie», a expliqué l’homme politique, qui est revenu souvent sur les propos de Joseph Ratzinger dans son livre «Valeurs pour un temps de crise» où le pape Benoît XVI affirme qu’il n’y a pas de démocratie sans limites.

C’est donc ici que la touche chrétienne de Claude Ruey entre en jeu. Selon lui, il ne faudrait pas trahir le verset 16 du chapitre 17 de l’Apôtre Jean quand il dit que nous ne sommes pas du monde. «Sans prétendre diviniser la démocratie, le chrétien doit participer à l’ordre de conservation du monde», estime le politicien. Il se réfère alors au réformateur Calvin pour qui prétendre ne rien faire dans le monde parce qu’on est chrétien serait une aberration grave. «Jésus ne demande-t-il pas à son Père de ne pas nous ôter du monde ? Paul ne demande-t-il pas de prier pour les rois en vue d’obtenir la quiétude du monde?» La justice, mesure de tout exercice politique

Un autre aspect sur lequel Claude Ruey insiste est le principe se subsidiarité qui lui tient à coeur en qualité de chrétien engagé. «Sans me mêler des affaires dont les autres sont responsables, je peux les aider à accomplir leur mission, sans leur ’piquer’ le travail qu’ils ont à faire», indique-t-il. Dans cette perspective, je dois respecter l’autonomie de l’autre. «C’est pour cela que la Suisse connaît un véritable respect des différences que ce soit les identités culturelles, religieuses, etc. Il n’y a pas d’anonymisation politique, ce qui fait que notre pays connaît moins de concentrations politiques et autres maux sociaux comme la corruption».

Sur le plan judiciaire, le Vaudois recommande aux politiciens de savoir interroger la parole de Dieu et voir ce qu’elle dit aujourd’hui. Cela veut dire qu’il faut aussi comprendre les réalités quotidiennes telles que la science, la technologie, l’économie, la culture, etc. «Pour un chrétien comme moi, la justice est la mesure de tout exercice politique», a conclu le réformé qui, citant à nouveau Joseph Ratzinger, estime que la foi est une force purificatrice pour la raison. (apic/dng/be)

14 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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