L’homme doit abandonner son attitude arrogante de prédateur
Lausanne: Les Verts vaudois s’interrogent sur les rapports entre l’écologie et la spiritualité
Déo Negamiyimana
Lausanne, 27 septembre 2007 (Apic) Les Verts vaudois s’interrogent sur les rapports entre écologie et spiritualité. Mercredi soir, après une conférence d’Adèle Thorens intitulée «L’écologie, une nouvelle spiritualité», diverses personnalités scientifique et religieuse ont donné leurs visions sur les liens qui unissent l’homme à son environnement.
Les verts affirment être préoccupés par la question des relations entre le respect de l’environnement et de la transcendance. Autrement dit, la démarche est de savoir si respect de l’environnement proviendrait-il d’un simple réflexe de survie ou du goût pour une qualité de vie matérielle élevée? Sans répondre définitivement à cette question et à ses annexes, les verts vaudois pensent qu’il faut désormais pousser cette réflexion aussi loin que possible pour mieux éclairer les milieux qui pourraient s’y intéresser, notamment les milieux politiques. Dans le même ordre d’idée, le Groupe pense qu’il est possible de se pencher sur des questions similaires comme la religion, les sectes, les églises, l’éthique, la morale et les valeurs.
Accepter de restreindre sa liberté
C’est dans ce cadre qu’Adèle Thorens, éthicienne en environnement, est venue parler de l’écologie et de la spiritualité. S’appuyant sur les thèses de Hans Jonas, philosophe allemand d’origine juive (1903-1993), l’intervenante dit être partagée entre une perspective tragique: Celle de la fin de la vie humaine suite à la détérioration de l’écosystème planétaire et celle d’une perspective plus optimiste. Avec la dernière option, Adèle Thorens espère en la capacité de l’homme à réagir de manière adéquate, vu qu’il est de la responsabilité de l’homme de ne pas céder au fatalisme, car se résigner à la fatalité, c’est perdre la bataille à l’avance.
Partant de la réflexion de son maître à penser Hans Jonas, la chargée de formation au WWF Suisse ose espérer que l’humanité va non seulement prendre encore plus conscience de la gravité de la situation, mais aussi accepter de restreindre sa liberté: Liberté de production, de consommation et de déplacement, etc. en vue de sauvegarder la planète. «Les hommes, au niveau mondial, doivent parvenir à un consensus global, à l’adoption et à la mise en pratique effective de mesures adéquates», espère la Vaudoise. Pour la Verte, Jonas ne désespérait pas complètement de la raison humaine. Il pensait qu’il est beaucoup plus probable que la peur obtienne ce que la raison n’a pas obtenu, à savoir que les catastrophes écologiques qui surviendraient, comme Tchernobyl, les inondations meurtrières ou les tempêtes dévastatrices, amèneraient l’homme à changer de comportement en espérant qu’il ne serait pas trop tard.
Dans le même sens, le pasteur vaudois Guy Dottrens, chargé du Ministère «Spiritualité dans la cité», a fait comprendre que dans la nature, chaque élément a sa spécificité. L’homme, créé à l’image de Dieu, doit la préserver et perpétuer ainsi l’oeuvre divine de créateur et abandonner son attitude arrogante de prédateur.
Des scientifiques qui doutent de moins en moins
Docteur en biochimie, le Valaisan Philippe Roch, se dit aussi choqué par l’absence de doute de la part des scientifiques. La vérité paraît de plus en plus une et indivisible. Il suffit par exemple, de lire ou d’écouter le discours sur les organes génétiquement modifiés (OGM). Il n’y a plus de doute quant aux éventuels effets néfastes. «Il faut donc montrer d’autres vérités pour protéger la beauté de notre nature et ainsi freiner les abus de la liberté humaine», recommande l’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement. C’est sur cet appel qu’a rebondi Hélène Küng, directrice du Centre social protestant, rappelant que comme certaines couches de la population, la nature est fragilisée par l’homme qui devrait la protéger.
Finalement, la soirée s’est déroulée dans un climat général de déception face aux faits et gestes quotidiens de l’homme qui pollue, gaspille et détruit l’équilibre de la nature. Le public, essentiellement acquis à la cause écologique, est unanimement intervenu dans le sens de sauver ce qui peut encore l’être. Adèle Thorens a demandé de voir dans quelle mesure la protection de l’environnement peut être compatible avec le christianisme et d’agir en conséquence. (apic/deo/pr)



