Lausanne: Opération «Ville pour la vie – ville contre la peine de mort» le 30 novembre

Lancement d’une campagne mondiale en présence de Daniel Brélaz

Lausanne, 28 novembre 2006 (Apic) La campagne mondiale «Ville pour la vie – ville contre la peine de mort» a été lancée mardi 28 novembre à Lausanne, en présence du syndic de la capitale vaudoise, Daniel Brélaz. Le symbole de cette campagne est l’illumination d’un monument public de manière spéciale.

Cette année, quatre organisations de défense des droits humains – ACAT-Suisse, Amnesty International, Lifespark et Sant’Egidio – s’engagent avec six villes suisses: Genève, Lausanne, Nyon, Delémont, Bâle et Locarno. Elles rejoignent ainsi les quelque 500 villes à travers le monde qui s’engagent publiquement contre la peine de mort.

A Genève, c’est la cathédrale St-Pierre qui sera illuminée. Les municipalités de Lausanne et Nyon soutiennent également cette action, mais sans participer à l’illumination. De plus, des initiatives privées sont également au rendez-vous, comme à Lugano, où des lumignons rouges seront placés sur le mur d’enceinte du Couvent des Capucins (Convento dei Cappuccini), et à Windisch (AG), où un bâtiment communal sera également illuminé.

Première abolition de la peine de mort dans un Etat européen en 1786

Le 30 novembre – en souvenir de la première abolition de la peine de mort dans la législation d’un Etat européen, en 1786, dans le Grand-Duché de Toscane – est, depuis 2002, la journée des «Villes pour la vie – villes contre la peine de mort».

Aujourd’hui, la peine de mort est toujours au coeur du débat, notamment en raison de la condamnation récente de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein. L’an dernier, ce sont au moins 2’148 personnes qui ont été exécutées et 5’186 qui ont été condamnés à mort dans le monde, selon les chiffres d’Amnesty International. Mais, affirment les organisateurs de la journée, il existe désormais une claire tendance vers l’abolition de la peine capitale. 129 Etats ont ainsi rayé la peine de mort de leurs lois ou n’y recourent plus dans la pratique.

Cette campagne contre la peine de mort a été lancée à Rome par la Communauté de Sant’Egidio. Ce mouvement de laïcs catholiques fondé en 1968 par un professeur d’histoire, Andrea Riccardi, regroupe plus de 50’000 personnes dans une bonne septantaine de pays des divers continents. Il se distingue par son engagement dans le domaine de la paix, de la réconciliation, du dialogue et de l’action sociale. Depuis 2002, ce sont plus de 470 villes dans 44 pays qui participent à cette action en appelant à l’abolition de la peine de mort par l’illumination au centre-ville d’un monument public. De nombreuses organisations de défense des droits humains se sont également jointes à cette action mondiale.

En Suisse, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et de la peine de mort (ACAT), Amnesty International, Lifespark et Sant’Egidio ont mis leurs forces en commun pour organiser des événements dans plusieurs villes et notamment récolter des signatures en faveur d’un appel pour un moratoire international sur la peine de mort. Cet appel pour un moratoire, lancé en 1998, a déjà récolté plus de 5 millions de signatures.

A Lausanne, les quatre organisations qui lancent l’opération seront présentes jeudi avec un stand d’information à la Place de la Palud toute la journée et proposent le soir une conférence et la projection d’un film dans la salle du Conseil communal. Aba Gayle, une Américaine dont la fille a été tuée, racontera le long chemin qui l’a menée à pardonner au meurtrier de sa fille et à s’engager contre la peine de mort. Le journaliste suisse Jacques Secrétan présentera son film, «Un vie en jeu», consacré à l’histoire de Jaime Elizalde, condamné à mort au Texas et exécuté en janvier 2006 malgré les preuves de son innocence. (apic/com/be)

28 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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