Intensifier la collaboration œcuménique
Lausanne: Protestants et catholiques manifestent leur volonté de collaboration
Lausanne,
(APIC) La coopération œcuménique est une réalité déjà ancienne dans le canton de Vaud. Pour lui donner un nouvel élan, le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée (EERV) et le Conseil de l’Eglise catholique en pays de Vaud ont signé le 20 janvier une «Déclaration de collaboration œcuménique». Le premier objectif concret est la création en l’an 2000 d’un Centre pour l’information et la documentation chrétiennes regroupant ce qui existe actuellement tant du côté catholique que protestant.
La collaboration existe déjà dans de nombreuses paroisses et au sein de divers secteurs d’activité, comme l’aumônerie pénitentiaire, l’éveil à la foi des petits enfants, le dialogue interreligieux, l’aumônerie des gymnases, l’accompagnement des réfugiés et des requérants d’asile. La déclaration signée mercredi à Lausanne n’a pas de contenu doctrinal. C’est un acte symbolique qui doit permettre de cautionner ce qui se fait déjà et d’encourager un travail qui doit se développer. L’acte passé entre les deux Eglises vaudoises est quasi unique en Suisse où seules les Eglises protestante et catholique de Zurich ont signé une déclaration similaire.
Comme l’ont relevé le pasteur Jean-Paul Perrin, président du Conseil synodal de l’EERV, et Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, ce texte qui engage les deux Eglises est le fruit d’une histoire. «C’est une étape: il y a un avant, il y aura un après», a précisé le président de l’exécutif réformé. Très symboliquement, les responsables des deux Eglises ont choisi de signer la déclaration oecuménique durant la Semaine universelle de prière pour l’unité des chrétiens. Ils ont aussi trouvé un lieu chargé de signification: la maison de l’Arzillier à Lausanne, léguée à l’Eglise réformée vaudoise pour faire progresser le dialogue entre les religions. «L’oecuménisme n’est pas facultatif pour nos Eglises. Sinon nous ne serions pas fidèles à la parole de Jésus-Christ: ’Que tous soient un’», a souligné Mgr Bürcher.
Une évolution sociale qui pousse à l’oecuménisme
Tout en reconnaissant leurs différences et en les assumant, les deux Eglises veulent surtout insister sur ce qui les unit en profondeur: la joie de vivre de la grâce de Dieu et d’être témoin de Jésus-Christ ressuscité. L’évolution de la société pousse catholiques et protestants au rapprochement. Aujourd’hui la mixité confessionnelle est une réalité pour de nombreuses familles. Sur l’ensemble du canton, les deux Eglises ont un poids démographiques sensiblement égal. Catholiques et protestants sont confrontés au même pluralisme religieux et au même individualisme. Enfin la diminution des moyens humains et financiers invite à chercher des voies pour être à la disposition de toute la population du canton de manière plus efficace.
De la pluralité à la fusion : quatre modalités de collaboration
Les deux Conseils ont déterminé quatre types de collaboration. La modalité de la pluralité sera appliquée lorsque les diverses pratiques confessionnelles, cultuelles, structurelles ou fonctionnelles doivent être absolument respectées.
La modalité de la fusion doit permettre de fondre en une seule deux entités parallèles dont les buts, les moyens et les structures sont pratiquement identiques. Ce sera le cas prochainement avec la création d’un unique Centre de documentation.
La subsidiarité permet à une Eglise de recourir aux services de l’autre dans un domaine spécifique où ses compétences sont reconnues. Ainsi une Eglise peut se voir confier la totalité d’un mandat particulier.
Lorsque la fusion ou la subsidiarité ne sont pas possibles, les Eglises s’engageront sur la voie de l’harmonisation qui vise à la compatibilité des moyens mis en œuvre.
Célébration, solidarité, dialogue, communication
La déclaration vise à intensifier les collaborations déjà existantes, rappelle Madeleine Allenbach, vice-présidente du Conseil synodal de l’EERV. Certaines sont nées de pressions extérieures aux Eglises, comme les aumôneries de gymnase que les autorités scolaires souhaitaient communes aux deux confessions. D’autres initiatives oecuméniques sont le fait de la volonté d’unité de quelques visionnaires. Il en va, par exemple, du centre de Vassin, oecuménique dès sa construction.
La déclaration commune cite quatre principaux domaines d’application. La formation, l’accompagnement et les célébrations, constituent le premier champ d’activité avec notamment la prière, l’éveil à la foi, la formation des adultes, l’accompagnement des couples mixtes, les retraites, etc.
Le domaine des aumôneries des hôpitaux, des prisons, des homes, des écoles, des universités, est un lieu particulièrement idéal de collaboration œcuménique. Il en est de même pour la pastorale de la rue, l’aide aux réfugiés ou encore la coopération au développement.
Les deux Eglises entendent aussi harmoniser leurs moyens et leurs voix, par exemple en prenant une position commune dans des questions politiques et sociales ou encore dans le dialogue interreligieux.
Enfin le domaine de la communication et de l’information doit également s’ouvrir à un travail commun pour la diffusion de livres et de matériel religieux, la présence dans les médias ou encore la création artistique et culturelle.
Un centre de documentation commun dès l’an 2000
Très concrètement, les deux Eglises ont signé par ailleurs une convention en vue de la participation commune des deux Eglises au Centre pour l’information et la documentation chrétienne (CIDOC). Dès le premier septembre 2000, ce Centre œcuménique doit prendre la relève des organes catholiques et protestants actuels. Outre la mise en commun des acquis, l’idée est d’améliorer les structures de documentation grâce à un outil élargi et performant. Le nouveau CIDOC se verra confier par les deux Eglises un mandat de prestation défini de manière contractuelle pour une durée initiale de quatre ans, tacitement renouvelable d’année en année. (apic/com/spp/mp)



