Lausanne: Publication d’un document de réflexion sur l’œcuménisme en terre vaudoise

«Un pour tous, tous pour Un !»

Lausanne,

(APIC) Alors que ce dimanche débute dans plus de 70 pays la traditionnelle «Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens» (18-25 janvier), les Eglises catholique et évangélique réformée du canton de Vaud publient une réflexion commune sur l’œcuménisme en terre vaudoise. Intitulé «Un pour tous, tous pour Un !», ce document de quelque 80 pages est le fruit du travail des Commissions chargées du dialogue œcuménique des deux Eglises.

Soulignant la portée de ce travail lors d’une conférence de presse jeudi à Lausanne, le pasteur Daniel Gehring, membre de la Commission œcuménique de son Eglise, a relevé qu’il n’y a plus eu d’avancée spectaculaire des Eglises au plan œcuménique depuis la reconnaissance mutuelle du baptême. «Or, avec ce document, nous voyons que l’œcuménisme se vit bel et bien sur le terrain, dans les paroisses».

Ce sont les pauvres qui nous évangélisent

Même son de cloche chez l’abbé Joseph Beaud, président de la Commission catholique, pour qui ce document n’est qu’une «photographie» de tout ce qui se fait à la base dans le canton de Vaud: il n’a aucune prétention théologique, dogmatique ou spirituelle. «C’est aussi une photographie des espérances des gens. On sent là la pastorale, c’est un œcuménisme de terrain, ça sent un peu les Actes des Apôtres». L’ancien rédacteur en chef de «L’Echo», prenant l’exemple de la Confirmation, relève que l’œcuménisme est en pointe particulièrement dans les milieux difficiles, comme la pastorale carcérale ou au milieu des handicapés et des malades. «Ce sont toujours les pauvres qui nous évangélisent, je l’ai découvert dans ce document. Sans gommer nos identités respectives, nous voulons être davantage ensemble pour annoncer Jésus-Christ».

Résultat d’une enquête faite auprès des paroisses catholiques et protestantes du canton, on y trouve une partie statistique (divers tableaux récapitulatifs) qui dénombre les activités œcuméniques et une autre qui commente et analyse l’état actuel des relations œcuméniques. Le document aborde les activités qui peuvent être conçues en commun, les freins qui existent encore et les perspectives d’avenir. Chaque développement présente ce qui se fait, l’état de la situation et offre ensuite des éléments de prospective.

Une dernière partie plus pratique offre notamment un glossaire définissant les termes utilisés par les deux Eglises mais qui ne recouvrent pas forcément les mêmes réalités. Le dialogue œcuménique, pour que les interlocuteurs puissent mettre les mêmes mots sur les mêmes choses, a besoin de connaître ce que signifient telle ou telle notion pour les uns et les autres. Des réflexions sont ainsi proposées sur la consécration et l’ordination, le sacerdoce universel, la tradition, Marie, la succession apostolique. Cette partie contient également des pistes catéchétiques ainsi qu’une concordance de chants.

Le travail de réflexion des deux commissions a débuté en 1992. Inaugurant leur collaboration, les deux commissions avaient le sentiment de mal connaître ce qui se passait en réalité sur le terrain dans le domaine de l’œcuménisme. Le besoin s’est rapidement fait sentir d’en savoir plus et de compléter l’inventaire de ce qui se vivait réellement. C’est ainsi que naquit le projet de réaliser une enquête auprès des paroisses et des différents lieux où existe une vie œcuménique. Les réponses vinrent au nombre de 55, nourries, parfois élaborées en commun par des paroisses catholiques et protestantes. Elles ont confirmé le sentiment que beaucoup de choses se partagent déjà entre protestants et catholiques.

Des «points chauds»

Parmi les «points chauds», les commissions œcuméniques notent: la Sainte-Cène et l’Eucharistie; la catéchèse œcuménique, «facile à partager pour la petite enfance, plus difficile ensuite»; l’aumônerie des diverses institutions (»Jusqu’où peut-on aller ?), les mariages mixtes. A ce propos, elles notent que la préparation du mariage est en général bien faite, «mais la suite est souvent négligée». Les groupes de foyers mixtes sont d’ailleurs en diminution. Cet état des lieux, qui a aussi valeur de guide pratique, sera utile tout aussi bien pour les prêtres et pasteurs que pour les diacres et les laïcs. (apic/com/be)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!